Ça Morre à l’hameçon…

Le 1er avril, c’est le jour du poisson. Et pour la troisième année consécutive, notre site internet s’y est mis. Explications.

Le sujet.


En 2010, Besançon instaurait le péage urbain. Que les automobilistes se rassurent, cela ne fait pas partie de nos revendications. C’était juste une façon de rappeler qu’il y a encore, de nos jours, bien trop de voitures dans cette ville.

En 2011, un de nos adhérents s’est plaint par e-mail du mauvais entretien des pistes cyclables, ajoutant qu’il crevait de plus en plus fréquemment et qu’il allait finir par réclamer des rustines gratuites à la ville. Il ne nous en fallait pas plus pour annoncer cette nouvelle mesure.

Cette année, nous avons annoncé que la côte de Morre serait bientôt réservée aux bus et aux vélos !

Les détails.

Pour faire vrai, on a prévu un parking relais avant le trou au Loup, de garder l’accès libre à Morre depuis le plateau, de relier le projet au tram, et même des dérogation pour éviter de pénaliser les habitants de Morre.

« Plus c’est gros, plus ça passe »

On ajoute un conducteur de 4×4 énervé car il ne faut pas oublier les clichés, et deux habitantes du village, ravies, parce que c’est bien connu que les femmes sont plus raisonnables que les hommes !

On s’est dit que les commerçants allaient prévoir l’accueil des cyclistes, et que la station service allait spontanément devenir un magasin de vélos électriques (car si la pente menant à Morre est douce, on ne peut pas en dire autant des rues du village !). Besançon, c’est le pays des Bisounours. Avec le relief en plus !

Ensuite, on publie, en se demandant si ça va vraiment passer. Et on fait tourner sur les réseaux sociaux. Merci Facebook, Twitter, et notre Bison Teint local sans qui tout serait vachement moins bien.

Les réactions


On ne va pas tout citer, mais elles ont été nombreuses. Petit florilège.

Les cyclistes convaincus qui plongent la tête la première.

« Tres bonne initiative, qui rend encore plus stupide l’amenagement du pont de Bregille. »
«
ouais c’est cool mais j’attend de voir si cela ce ferra et le résultat définitif. »

Hé les gars, levez la tête du guidon !

Celui qui plonge aussi, mais avec les convictions inverses.

« Nan mais c’est vraiment du grand n’importe quoi ! Déjà qu’on va payer une fortune en taxe d’habitation pour avoir un tramway pourri […] Besançon est en train de se transformer en ville sinistrée grâce à des prétextes qui tiennent pas la route (sans jeu de mots). Faut vite arrêter les dépenses inutiles. »

On espère ne pas lui avoir gâché sa journée.

Les pragmatiques.

« c’est pas qu’a beurre ya un tout ptit rond point qui fait déja des bouchon mais presque ! enfin bon c’est un peut donner les problème d’un village (Morre) à un autre (Beurre) ! »
« paye ton poisson ton d’avril ! […] sa aurais pu être possible si la côte de Morre n’était pas une voie importante ! »
« Le nb de vélos passant par rivotte ne rivalisera jamais avec le trafic routier actuel »

Effectivement, c’est vrai !

Ceux qui ont un moteur dans la tête.

« les habitants de morre seraient coupé du monde »

Et non, justement ! Par contre, actuellement, les habitants de Morre n’ayant pas de voiture le sont bel et bien. Ils sont dépendants des autres et des horaires des transports en commun. Alors que notre poisson décrivait une situation où les habitants de Morre avaient réellement le choix : vélo, pied, transports en commun, et même voiture (il fallait tout lire).

Les vilains méchants !

« Du grand n’importe quoi…vivement que Fousseret prenne sa retraite! »
«
ben je ne viendrai plus jamais à Besac » (par une habitante de Morteau.)

Sans rire, le détour par les Mercureaux représenterait quoi, sur un trajet Besançon – Morteau ? Et c’est pas comme s’il y avait des TER pour venir de Morteau…

Le meilleur pour la fin.

C’est cet e-mail que nous avons reçu. Merci pour le compliment ! Sans rancune ?

Conclusion


Pourquoi ce poisson ? Pourquoi avoir choisi ce sujet ?

Aujourd’hui, si vous voulez aller de Besançon au plateau à vélo, quelles sont les solutions ?

Les deux pentes les plus douces sont la voie des Mercureaux et la Côte de Morre. Pourtant, la première est interdite aux cyclistes par conception, tandis que la seconde a été progressivement au cours du XXème siècle réservée aux voitures. Par la force. Pas celle de l’interdiction, mais celle du nombre et du danger.

Les autres solutions ? De vrais raidillons réservés aux sportifs aguerris ! Alors qu’il n’y a que trois kilomètres en pente douce entre Besançon et Morre !

Est-ce normal ? Les habitants de Morre ne méritent-ils pas de pouvoir venir à Besançon comme ils le souhaitent ? Et les bisontins ne devraient-ils pas avoir une possibilité d’accéder au plateau sans prendre une voiture ?

Nous souhaitons inciter à la réflexion…

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