Baromètre des Villes Cyclables : Résultat de l’édition 2019

Vous vous en souveniez, il y a deux ans de cela avait lieu la première édition du baromètre des villes cyclables. À la veille des municipales sont tombés les résultats de l’édition 2019. C’est l’occasion de faire le bilan du quotidien à Besançon.

La place du cycliste en France

Un des constats actuels non spécifique à la France et que le cycliste est encore trop souvent négligé dans les questions de voirie. L’espace sur voirie reste majoritairement occupé par l’automobile. En utilisation ou à l’arrêt, elle nécessite une part non négligeable de l’espace. Et comme si cela n’était pas suffisant,  on constate que les maigres espaces laissés aux modes de déplacement actifs sont souvent encombrés de poteaux électriques, lampadaires, panneaux, caissons, voitures mal garées, etc.

Afin de rééquilibrer cette dynamique il s’avère nécessaire de créer de nouveaux outils et de repenser l’espace urbain non pas comme un réseau de tuyaux de transit mais comme une succession de lieux de vie à développer et rendre vivants.  En 2017, la FUB (ou Fédération des Usagers de la Bicyclette) a lancé une grande enquête nationale afin de recueillir la perception des français par rapport à l’utilisation de la bicyclette et en tirer une vision objective (Voir un résumé publié dans LeMonde). Sans surprise, la France avait encore des efforts significatifs à réaliser pour faire du vélo un moyen de transport viable . Alors que les études se multiplient quant aux avantages du vélo par rapport à l’automobile sur des aspects de santé publique mais également de crise sociale, rien ou peu semble être fait pour permettre son utilisation.

Deux années plus tard, une nouvelle enquête a eu lieu et permet à nouveau de faire l’évaluation de la cyclabilité sur le territoire et de voir si des leçons ont été tirées de la première édition.

Résultats du Baromètre 2017

Pour rappel, l’enquête 2017 avait rassemblé plus de 113 000 contributions (dont seulement les communes ayant plus de 50 réponses avaient une place dans le classement) donnant lieu à un classement de 316 communes françaises. C’est à l’aide de 26 questions portant sur cinq catégories que des notes ont pu être données à chaque ville selon une échelle de A+ à G.

Échelle de notes et leur distribution (Baromètre des Villes Cyclables 2017)

Dans notre analyse des résultats de 2017 (Consultable ici), on observait que près de 93% des communes n’avaient pas la moyenne en terme de climat vélo. De plus, bien que 11% étaient dans la plus mauvaise classe, à savoir G, aucune n’avait obtenue le rang A ou plus. Seules trois villes avaient la note B (qui n’est malheureusement que l’initiale de la ville de Besançon).

Détail des notes pour les 26 critères d’évaluation (Baromètre des Villes Cyclables 2017)

Malgré ses efforts, Besançon s’en était sortie avec la note pas très encourageant de D et une note globale de 3,16. Dans les points forts on retrouvait un réseau adapté de vélocistes et ateliers d’auto-réparation tel que Vélocampus et la facilité de location de vélo assuré par Vélocité. À l’inverse, les avis furent particulièrement négatifs en ce qui concerne le sentiment de sécurité ainsi que la considération des cyclistes lors de travaux.

Structure des répondants (Baromètre des Villes Cyclables 2017)

En terme de profil, le questionnaire avait en majorité touché une population de jeunes adultes utilisant régulièrement le vélo pour un trajet domicile-travail et utilitaire. Loin devant la pratique sportive comme pour répondre à cette image encore trop souvent associée au cyclisme.

Préconisations d’amélioration de la cyclabilité (Baromètre des Villes Cyclables 2017)

On note également que plus de la moitié des répondants estiment que la proximité avec les flux motorisés représente un frein à l’utilisation du vélo. Cela est d’autant plus gênant que comme rapporté dans le questionnaire, il y aurait une absence de réseau cyclable continu (83% des réponses à Besançon contre 79% au niveau national) ainsi qu’un manque d’itinéraires viables à l’usage utilitaire du vélo.  À Besançon, les grand axes sont impraticables à vélo et constituent de véritables coupures du réseau imposant des itinéraires de contournement rendus d’autant plus pénibles qu’ils induisent souvent des dénivelés supplémentaires.

Carte des points noirs de Besançon selon l'enquête ParlonsVélo 2017

Carte des points noirs de Besançon selon l’enquête ParlonsVélo 2017

Enfin, une carte réalisée à posteriori a permis de visualiser sur un plan les zones considérées comme dangereuses par les répondants à partir de leurs commentaires libres.

Résultats du Baromètre 2019

Comparaison des notes obtenues par les villes comptant entre 100 000 et 200 000 habitants selon l’enquête Parlons Vélo 2019

Lors de cette édition, ce sont 184484 avis qui ont été récoltés au total pour un total de 763 communes classées (soit près du double de communes par rapport au classement 2017). En tête dans la catégorie des communes de 100 000 à 200 000 habitants, on retrouve Grenoble, Angers et Caen. Dijon étant cette année reléguée à la 4e position du classement. Dans la catégorie, seul Grenoble dépasse le seuil de Note Positive en affichant 4,12 points.

Note par thèmes de Besançon selon l’enquête Parlons Vélo 2019

La ville de Besançon est à la 11e place du classement. Pour 768 réponses récoltées soit 6,59‰ (contre 5,7‰ en 2017) de la population bisontine, elle arbore une note globale de 3,01 contre 3,16 à l’époque. Il n’a finalement pas été possible d’échapper au E sur une échelle allant jusqu’à G. Alors que la situation était déjà critique, il semblerait que la première édition du baromètre n’ait pas touché les élus dont les actions ne sont pas à la hauteur des espérances. On retrouve cela au travers de la note de 2,64 donnée dans la catégorie Effort de la Ville. Cette note est calculée selon les critères 18, 19, 20 et 21 (Voir Note Détaillée plus bas) où l’évolution depuis 2017 a été négative ou nulle. On notera en particulier la dégradation dans le stationnement des véhicules motorisés sur itinéraires cyclables.

Dans sa catégorie Besançon semble néanmoins positionnée au dessus de la moyenne de 2,79, cela étant notamment du à une note correcte de 3,76 dans le thème Service et Stationnement. Le point fort de la ville se situe toujours dans l’accessibilité à un atelier de réparation vélo (ce pour quoi on ne peut s’empêcher de féliciter l’association VéloCampus qui fêtera bientôt ses 10 ans d’activité), suivi de la location vélo et la présence de double sens cyclables. Cette année à l’offre de VéloCité s’ajoute la possibilité de louer un VAE proposé par Ginko.

Note Détaillée de Besançon selon le Baromètre 2019

Plus de la moitié des répondants considèrent que la situation pour les cyclistes bisontins n’a pas subi d’amélioration et c’est toujours en matière de sécurité, en particulier sur les grands axes, et de respect des automobilistes vis à vis des cyclistes que les résultats sont les moins bons.

Le déplacement en autonomie des enfants et personnes âgées obtient la note la plus basse à Besançon avec seulement 1,88 (qui semble cependant légèrement plus haute que ce qui est observé ailleurs). La sécurité dans les rues résidentielles présente une note correcte de 3,58 (Malgré une forte diminution de 0,3 points depuis 2017). La note diminue rapidement lorsqu’il est question d’intersection (2,22 pts), de circulation intercommunale (2,66 pts) ou sur les grands axes (1,96 pts).

Deux ans plus tard, les axes problématiques que sont le Boulevard, la rue de Dôle, la rue de Vesoul et la rue de Belfort sont toujours pointés du doigt par les cyclistes. Ces derniers souffrent toujours du manque d’infrastructure là où le trafic automobile est particulièrement intense. On remarque également que c’est sur ce point précis que Besançon se situe en dessous de ses voisines avec un écart de -0,3 pts par rapport à la moyenne et que la situation depuis 2017 semble s’être encore dégradée (-0,2 pts).

Carte des points noirs de Besançon selon l'enquête ParlonsVélo 2019

Carte des points noirs de Besançon selon l’enquête ParlonsVélo 2019

En parallèle, on observe la multiplication des bandes cyclables sur trottoirs qui sont alors requalifiés en voies vertes. Nous rappelons notre position opposée à ces pratiques poussant aux conflits piétons/cyclistes, incitant les cyclistes à rouler sur les trottoirs et surtout particulièrement ancrée dans l’idée de pouvoir accommoder toujours plus d’usagers dans un espace restreint sans avoir à repenser le partage de la voirie.

Conclusion

Politique cyclable à Besançon, des messages ambigus toujours adressés aux cyclistes

« Aussi espérons nous que ces données donneront un nouvel écho à nos demandes auprès des autorités locales ». Tel était notre souhait il y a deux ans et nous pouvons aujourd’hui déclarer que cela n’a pas été le cas. La comparaison des résultats entre ces deux années montre une faible amélioration de la situation paradoxalement accompagnée d’une diminution des notes attribuées. Le vélo apparaîtrait comme une solution de plus en plus viable en terme de déplacements, mettant en évidence une certaine exigence en matière d’infrastructure cyclable.

Un autre souhait de l’association était la suppression des coupures du réseau existant. Qu’au lieu d’utiliser le nombre de kilomètres de voies cyclables soient utilisés des chiffres tels que la distance maximale pouvant être parcourue sur des aménagements cyclables sécurisés. Il n’est pas plus logique de faire des morceaux d’aménagement cyclable que de construire un tronçon d’autoroute au milieu d’un chemin forestier. Suite à notre opération des 100 Courriers de Noël, visant à réduire ces discontinuités, peu de réaménagements avaient été réalisés. Aussi, nous espérons cette fois encore que l’usage de la bicyclette soit réellement considéré à Besançon. À cet effet, notre Plan Vélo 2020 est toujours disponible en lecture libre que ce soit pour les particuliers ou les élus locaux. Nous y résumons notre point de vue sur les points à corriger sur Besançon pour permettre l’usage du vélo ; rendre le cœur de ville plus agréable ; dynamiser les différents quartiers. Nous réclamons des aménagements cyclables continus en sites propres de façon à constituer un réseau cyclable. Celui-ci n’étant réalisable qu’en redistribuant l’espace public aujourd’hui accaparé par l’automobile.

Faudra-t-il attendre l’attribution du Prix du Clou Rouillé pour observer une réelle prise de conscience de la part de nos dirigeants (comme ce fut le cas pour Dijon) ? Ou bien des évènements plus dramatiques seront nécessaires ? Dans un contexte d’urgence socio-écologique, le succès de l’enquête est la preuve concrète de la volonté des citoyens. C’est la demande d’une communauté alternative, moins polluée, plus respirable et plus sociable. C’est un cri de leur part adressé aux dirigeants.  Ce sont leurs idées et propositions de modification d’un environnement dont il font partie et qu’ils vivent au quotidien !

Ensemble nous avons le pouvoir d’améliorer la communauté. Venez vous aussi rejoindre les rang de l’AVB et faire entre vos souhaits et vos projets pour une ville plus cyclable durant les réunions publiques. À l’école, dans l’entreprise, au quotidien, faites entendre la voix des cyclistes autour de vous !

 

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