Vélocampus et l’AVB participeront aux mouvements du 1er et 5 Mai pour désavouer la politique du gouvernement.

 

 

 

 

Nous, les associations Vélocampus et Association Vélo Besançon (AVB), militons chacune à notre façon, pour démocratiser le vélo comme un moyen de transport quotidien. Toutes deux sommes directement concernées par les politiques d’Emmanuel Macron et
de son gouvernement, parce qu’avec la fin des contrats aidés, c’est la vitalité du
secteur associatif dont nous faisons partie qui est menacée. Loin de compenser la fin de ces contrats aidés par des moyens pour créer des emplois pérennes dans l’économie sociale et solidaire, nous assistons à une paupérisation des collectivités
locales avec des baisses de dotations et la fin de la taxe d’habitation. Cela compromet
non seulement la pérennité de nos associations mais aussi – et surtout – les possibilités
de réalisation de notre objet social. Car dans des municipalités exsangues, on ne
pourra pas mener les grands chantiers nécessaires à la transition écologique, au développement du vélo et des transports publics.

Nous nous opposons aussi à la mise en concurrence du rail et souhaitons un
rééquilibrage des financements publics du routier vers le ferroviaire. Nous
considérons la mobilité comme un tout et soutenons qu’une société écologique, où la
place de la voiture individuelle serait considérablement réduite, est possible si nous
recourons aux bonnes politiques. Nous pensons que le train est le moyen de transport le
plus pertinent pour relier entre elles des villes à l’intérieur desquelles le vélo assurerait
l’essentiel des déplacements. Un service ferroviaire totalement public est un levier
indispensable pour sortir la société française de sa dépendance à la voiture individuelle.
Or, avec l’ouverture à la concurrence du transport de passagers, le train deviendra
anecdotique de la même façon que le transport ferré de marchandises s’est effondré
depuis son ouverture à la concurrence en 2006. À cette date, Fret SNCF transportait 41,2
Gt/km. En 2016, le trafic atteint péniblement 32,6 Gt/km, tous opérateurs confondus.
Cela représente 1 800 000 camions en plus sur les routes et ce trafic poids-lourds
important sert aujourd’hui de justification première à l’élargissement de la RN57 en
plein Besançon! Nul n’est besoin d’expliquer pourquoi un tel projet est catastrophique
pour notre but associatif : le développement du vélo à Besançon. Nous craignons aussi
pour le futur de la combinaison train et vélo. Pensez-vous que des sociétés privées
offriront le transport gratuit des vélos dans les trains? Les 1 er et 5 Mai, nous serons donc
aux côtés des cheminots.

Ensuite, nous nous insurgeons contre de nombreuses mesures anti-écologiques
scandaleuses qui sont passées en catimini, sans débats parlementaires et sans
concertations publiques. Comme le décret 2017-1845 du 29 décembre 2017 qui autorise
certaines préfectures – dont celle du Doubs – à déroger aux normes sur l’environnement,
l’aménagement du territoire et la politique de la ville. La loi Élan prévoit des
dérégulations dans le secteur de la construction et de l’aménagement. Tout cela n’est pas
sans rappeler le sinistre article 29 de la loi Macron de 2015 qui rend impossible la
démolition de constructions sans permis. On est face à un président qui souhaite
libéraliser l’économie, mais ne prend pas conscience de l’impact écologique et
urbanistique de ses mesures : bétonnage et étalement des villes. Or, cela nous
concerne au premier chef.

Enfin, ce qui nous concerne tous, qu’on soit écologiste ou pas, qu’on soit de droite ou de
gauche, qu’on soit à pied, à vélo ou en voiture, c’est le peu de cas que ce gouvernement
fait de la démocratie. Les réformes s’enchaînent sans passer par le parlement, la
réorganisation de la haute fonction publique aggrave l’hyper-centralisation du pouvoir, le droit de manifester est menacé, les dénis du droit à la presse se multiplient, l’état d’urgence est entré dans le droit commun en véritable violation de l’État de droit. Ce seul dernier point aurait mérité dès octobre une opposition sans compromis. On ne transige pas avec la démocratie, c’est précieux et c’est fragile!

Arrêtons donc ces réformes idéologiques et aveugles avant qu’un point de non-retour ne
soit atteint. Nous serons présents aux manifestations du 1 er et 5 Mai, et l’association Vélocampus sera symboliquement en grève le jeudi 3 mai. Les permanences d’auto-réparation ne seront donc pas assurées. L’atelier, en tant que lieu, sera mis à disposition de toute personne motivée à nous aider à préparer le 5 Mai, en peignant des banderoles ou en bricolant des vélos pour le cortège.

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