Appel à engagement

 

                                        LETTRE D’ENGAGEMENT

                              contre les changements climatiques

 

Besançon, mercredi 7 novembre 2018

Chers élus du Conseil Municipal, et de la Communauté de Commune du Grand Besançon,

Le 8 octobre dernier, une fois de plus, le Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) nous a alerté sur les conséquences catastrophiques du réchauffement climatique sur l’ensemble de la planète, et a rappelé de nouveau l’urgence à agir. Les émissions mondiales de CO2 issues de la production d’énergie devront diminuer dans les prochaines décennies et baisser de 90% d’ici 2070 (par rapport aux niveaux de 2010). Le climatologue Jean Jouzel, qui fut vice-président du GIEC pose une date buttoir : nous avons 3 ans pour agir, 3 ans pour inverser la courbe des émissions de CO2 et éviter que la température moyenne de la Terre ne s’élève au-delà de 1,5°C.

Chers élus, 3 ans c’est à peine plus que la durée restante de votre mandat. C’est donc à vous d’agir.

Il ne s’agit plus de repousser, il ne s’agit plus de laisser le fardeau aux suivants, ce ne sont pas les suivants, ce ne sont pas vos successeurs qui vont pouvoir le faire : c’est à vous !

Vous, les élus de Besançon et du Grand Besançon. Vous à qui la population bisontine a confié la responsabilité d’organiser la vie de la cité, le pouvoir est entre vos mains. La responsabilité incombe à chacun d’entre vous. A vous d’amorcer la démarche qui permettra d’inverser la courbe. Les solutions sont là, à porter de vos mains, vous les connaissez, il faut avoir le courage de les mettre en place. Il va falloir expliquer encore et encore, sensibiliser et surtout agir !

Oui la commune et l’agglomération agissent en faveur de la réduction des rejets de gaz à effet de serre, oui elles investissent dans les économies d’énergie et les énergies renouvelables, oui elles ont mis en place une ligne de tramway et une ligne de bus en site propre, oui elles mettent en place chaque année quelques kilomètres de pistes cyclables…mais vu l’énorme retard et face à l’ampleur du phénomène climatique, ces actions sont largement insuffisantes.

Ainsi le Grand Besançon s’est fixé un objectif de 6% de part modal du vélo pour 2025 alors que de nombreuses villes allemandes sont déjà, aujourd’hui, à plus de 15% et Amsterdam à 40%. Autre exemple, la ville s’est fixée un objectif de 23% d’énergie renouvelable en 2020 alors que Malmo en Suède atteindra l’autonomie en énergie renouvelable en cette même année 2020

C’est pourquoi, nous, les associations de protection de l’environnement de Besançon, nous sommes regroupés afin de demander un engagement extrêmement fort de la ville et de l’agglomération. Un engagement qui soit à la hauteur des enjeux climatiques et environnementaux:

Avant la fin de l’année 2021, dans 3 ans, nous demandons que les objectifs suivants soient atteints :

Bâtiment :

  • 100% des nouveaux quartiers autonomes en énergie d’origine renouvelable
  • 100% des nouveaux bâtiments de logements et de bureaux respectant les critères de construction passif tel que défini par la Réglementation thermique 2020 ou le label allemand Passiv Haus.
  • Rénovation au niveau Basse consommation (BBC) de 1300 logements par an sur le Grand Besançon (correspond à l’objectif national de 400 000 logements rénovés par an)
  • Abandonner tous les projets d’agrandissement des zones commerciales. (ils favorisent l’étalement urbain, les déplacements automobiles et réduisent les surfaces de terre agricole)

Energie :

  • 100% des chaufferies rénovées par la ville, alimentées avec 80% d’énergie renouvelable
  • Réduire de 10% les consommations totales d’énergie à l’échelle de l’agglomération
  • Fourniture d’électricité des bâtiments communaux à 100% d’origine renouvelable (achat ou/et production)

 Transport :

  • Réduire la part modale de la voiture à 30%, au profit des modes de transports doux (transports en commun, marche, vélo…)
  • Généraliser la limitation de vitesse à 30 km/h dans toute l’agglomération
  • Abandonner tous les nouveaux projets routiers et autoroutiers à l’échelle du Grand Besançon

Alimentation et agriculture

  • Au moins 60% de produits de saison, locaux et/ou biologiques dans les cantines des écoles de la ville avec un repas sur deux végétariens…
  • Réduire de 50% le gaspillage alimentaire dans les cantines de la ville
  • Atteindre une autonomie alimentaire de 10% pour le Grand Besançon (1,5% actuellement)
  • Atteindre 20% d’agriculteurs bio à l’échelle du Grand Besançon

Déchets

  • 100% des particuliers disposant d’un accès à un site de compostage à moins de 200m de chez eux

Education et formation

  • Soutien et développement massif des filières de formation aux métiers de la rénovation énergétique (ingénieurs, techniciens, artisans…)
  • Soutien et développement des filières de formation aux métiers liés à une alimentation bio et locale (maraichers, paysans boulangers, transformation…)
  • Soutien de filières de recherche dans le secteur des économies d’énergie

Monnaie

  • Permettre de payer les services de la ville et de l’agglomération (piscine, bibliothèque, musées…) à l’aide de la monnaie locale la PIVE

En comparaison avec le rythme actuel, ces ambitions peuvent sembler élevées, mais pourtant elles sont accessibles et doivent absolument être réalisées afin d’espérer conserver une élévation de température inférieure à 1,5°C !

Le budget 2019 doit absolument prendre en compte ces nécessités, Mesdames, Messieurs les élus, arrêtez de repousser chaque année les prises de décisions. Chaque service, de la voirie au traitement des déchets, du bâtiment à l’éducation, en passant par la culture ou le tourisme, tout le monde doit s’investir dans ce défi gigantesque, effrayant, mais hautement enthousiasmant.

Il faut arrêter les grands investissements climato-destructeurs et réinvestir cet argent vers des projets permettant de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Il faut franchir le pas. Les raisons sont toujours bonnes de repousser. Besançon, comme toutes les villes, tous les départements, toutes les régions, tous les pays du monde, doit agir.

Lorsque dans 3 ans nous ferons le bilan, Mesdames, Messieurs, de quel côté vous placerez-vous ? Lorsque vos enfants ou petits-enfants vous demanderons ce que vous avez fait, serez-vous fiers de votre bilan ou évoquerez-vous les difficultés à s’opposer à une soit disant majorité, à une soit disant inertie?

Les Associations Vélos Besançon, Velocampus, France Nature Environnement, Zéro Déchet Besançon, Trivial Compost, CPEPESC, le collectif Alternatiba et La PIVE vous demandent de vous engager dans une lutte active et immédiate contre le réchauffement climatique et de transformer Besançon en un exemple à suivre.

Soyez exemplaires ! Faites de Besançon une ville modèle en France et dans le monde dans la lutte contre les changements climatiques ! Faites de Besançon une ville que d’autres villes, d’autres pays citeront comme l’exemple d’une conversion réussie. Mobilisons les forces vives et agissons !

 

Retrouvez ci-joint la lettre complète transmise aux élus: 20181107 appel à engagement contre les changements climatiques

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12 réponses à Appel à engagement

  1. irizium dit :

    Superbe lettre ouverte, je partage sur Facebook. Quand comprendront-ils que c’est maintenant ? Et ces habitudes, cette inertie nonchalante qui nous tuent !

  2. FURY dit :

    bonjour
    tres bien merci pour cette lettre…
    pas facile de faire comprendre qu’il faut sortir du train train habituel qui consiste à donner une petite part de satisfaction à tout le monde… Comprendre l’urgence, comprendre qu’on ne peut faire des aménagements favorisant en même temps la voiture et les vélos, surtout avec les contraintes financières actuelles. Comprendre qu’il faut corriger les erreurs d’un passé récent (installations dans une grande couronne à 30km du travail, sans moyens de transports en commun), immenses rond-points positifs pour la sécurité des voitures, catastrophiques pour les vélos.
    L’ours blanc aura disparu de sa banquise dans 50 ans et une bonne partie de l’humanité dans 150… roulez bolides !

  3. Mercier dit :

    Très belle initiative !

  4. thouvenin dit :

    f
    aire une piste cyclable 2 sens sur le pont de la republique_interdire les moteurs diesel dans la boucle en avril 2019(comme en allemagne dans plusieurs grandes villes). _securiser les pistes cyclables! de la grande rue et rue des granges(hyper dangereuses) acause des autobus_interdire aux bus de circuler a la queue leu-leu,sans laisser d’espace pour s’intecaler_inciter les pietons a plus de bienveillance a l’egart des pietons martyrisés…

  5. velay dit :

    D’accord mais c’est quoi les énergies renouvelables?

  6. Ping : Climat : une haie d'honneur pour « responsabiliser » les élus du conseil municipal de Besançon… – Information

  7. Ping : Climat : une haie d'honneur pour "responsabiliser" les élus du conseil municipal de Besançon... | maCommune

  8. Ping : Climat : des associations appellent à encercler l'Hôtel de Ville de Besançon jeudi soir... • maCommune

  9. CHEVALET dit :

    Je n’ai rien contre les vélos . J’ai 81 ans, je marche , je n’ai pas de rétroviseur, je suis
    souvent doublées par des vélos dont les propriétaires ne se signalent pas en sonnant.
    Si je fais un écart , je suis à peu près sûre d’être renversée. Hors, des chaussées défectueuses, un obstacle « merd… » m’obligent à me déplacer. Devant moi à 2 mètres, un vélo roulant sur les voies du tram a été projeté avec son occupant sur le trottoir…imaginez j’aurais pu le recevoir sur moi. Il est temps de réglementer l’usage des vélos, des trottinettes et autres engins . Merci de me comprendre, je ne témoigne pas que pour moi.

    • AVB dit :

      Bonjour Nicole,

      Désolé d’entendre ce témoignage. Les incivilités de certains cyclistes sont un vrai problème que nous prenons au sérieux. Notre association défend aussi l’intérêt des piétons et l’usage de la marche comme moyen de déplacement. Nous répétons souvent que l’essor du vélo ne doit pas se faire au détriment des piétons. Même si ils restent insuffisants, notre association fait des efforts pour limiter ce problème: Nous animons une vélo-école pour enseigner les bons comportements aux nouveaux cyclistes, nous faisons régulièrement des appels à respecter les trottoirs sur les réseaux sociaux et lors de nos interventions dans les médias.

      Pour rappel, sur un trottoir, un cycliste n’a pas à sonner pour vous doubler, car il est interdit d’y rouler (sauf pour les enfants de moins de 8ans). Dans le cas des espaces partagés piétons-cyclistes (voies vertes, zones de rencontre…), les cyclistes sont sensé.e.s rouler aux conditions des piétons, respecter 1m de distance de sécurité et ralentir au moment de réaliser un dépassement. Si le dépassement n’est pas réalisable dans de bonnes conditions, les cyclistes doivent attendre. C’est tout simplement le même comportement qu’un.e cycliste est en droit d’attendre des automobilistes.

      Le rappel des règles ne sera malheureusement pas suffisant pour réduire les mauvais comportements de manière significative. Nous pensons que des aménagements cyclables bien faits sont la manière la plus efficace pour cela. Ainsi, nous avons fait savoir de nombreuses fois aux services de la mairie que les itinéraires mixtes, et autres pistes cyclable sur trottoir sont à éviter dans la ville. Nous n’avons malheureusement pas été écouté.e.s. Il devient difficile d’expliquer aux gens qu’il est interdit de rouler sur les trottoirs lorsque les bandes cyclables vous invitent à y monter, c’est regrettable. De même, la généralisation des double-sens cyclables évitera aux cyclistes d’être tenté de « prendre des raccourcis » par le trottoir. De même la généralisation de voies cyclables vraiment sécurisantes évitera à de trop nombreux cyclistes de monter sur les trottoirs par peur des voitures. L’élargissement des trottoirs est aussi un facteur contribuant au sentiment de sécurité des piétons.

      Cyclistes, ensemble respectons les règles et enjoignons nous les un.e.s les autres à les respecter.

      Piétons et cyclistes sont des usagers vulnérables et nous avons tout à gagner au respect des règles par tous.

  10. Slaky dit :

    Il y aurait beaucoup à dire sur le fond de cette lettre ouverte, qui s’adresse à des élus dans un monde idéal déconnecté de tout réalisme économique.
    Sur le point précis du vélo :
    * en l’état de mes connaissances, moins de 2% des déplacements de Besançon à Besançon se font à…vélo, 15% en bus.
    * mon analyse rapide : se déplacer à vélo est avant tout un CHOIX individuel non corrélé à l’existence ou au développement de pistes cyclables. Pourquoi serions nous si peu nombreux à pédaler sinon??? Ce CHOIX est contrarié par les phénomènes météo locaux et les relations des cyclistes avec les autres usagers : je ne pédale pas sous la pluie, l’hiver, et que je sois sur une piste cyclable, sur la route ou sur trottoir, il y aura toujours quelqu’un pour me faire une remarque (vois m’agresser) ou me mettre en danger (l’autre jour, un cycliste en face de moi sur la voie du tram à contresens et à fond…).
    A ce jour encore, les seuls tolérants dans l’histoire sont les forces de l’ordre et la mairie : je peux désormais passer certains feux si je tourne, je peux rouler sur les voies du tram ou le trottoir sans me faire verbaliser! Le vélo = la liberté à Besançon!!! Tant que je n’empiète pas sur celle des autres, je demande à la conserver. Je n’ai pas besoin de nouvelles pistes cyclables supplémentaires, qui ne seront la plupart du temps pas respectée par les piétons, les livreurs et autres véhicules.

    • AVB dit :

      Bonjour, nous sommes en désaccord total sur le point du choix individuel, les villes où l’usage du vélo s’est développé sont celles qui ont mené une politique volontariste dans le sens de la création d’un réseau cyclable sécurisant. Copenhague n’est pas devenue la capitale mondiale du vélo parce que le climat y est clément, Berne n’a pas 17% de déplacements en vélo parce que la ville est plate. À titre personnel, je n’ai pas de voiture et un grand nombre de mes déplacements ne seraient pas possible sans vélo. La pluie et le froid ne me pose aucuns problèmes, les seuls vrais désagréments sont tous liés à l’automobile.
      Réduire nos émissions de gaz à effet de serre en culpabilisant les automobilistes est malvenu et inefficace. En revanche prendre la question sous l’angle sociétal en densifiant la ville, en limitant l’étalement urbain, en remettant des activités dans les centres-bourgs et centres-villes, en développant les transports en commun et le train en décourageant les déplacements inutilement motorisés, en réaffectant l’espace urbain aujourd’hui consacré à la seule voiture individuelle vers les piétons et cyclistes, produira des effets. De même, un réseau cyclable qui offre des itinéraires rapides et directs et qui mettent les usager.ère.s en confiance attirera de nouveaux publics.
      Enfin, vélo et transport en commun sont complémentaires. Il n’y a pas lieu à les opposer. La part modale de 15% que vous évoquez est un objectif tout à fait réaliste dans une ville comme Besançon, qui a l’avantage d’être petite et où les distances sont souvent courtes. Cet objectif est déjà atteint à Strasbourg et Grenoble (encore une fois, des villes où il existe un vrai réseau de pistes cyclables) et correspond aux objectifs de Paris et Bordeaux. Un réseau cyclable ne représente rien en coût de gestion, peu en entretien et le coût d’infrastructure est bien moindre que pour les transports publics. Il serait bête de ce priver de ce formidable complément au réseau de bus.

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