Dossier tramway (2) – La période des travaux

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Cet article est le deuxième de notre dossier consacré au tramway. Il constitue un bilan de la période des travaux.

Un bilan nécessaire

– Nécessaire car le commissaire enquêteur avait recommandé de prendre en compte nos remarques, dont certaines concernaient la période des travaux. Il est donc essentiel d’évaluer la façon dont nous (et donc le commissaire enquêteur) avons été écoutés.

– Nécessaire car si ceux du tramway se terminent, il y aura bientôt des travaux de nature comparable sur un itinéraire prioritaire pour les cyclistes (gare-campus). Les leçons des travaux du tram devront être prises en compte durant ceux-ci.

Rappel de notre demande

Elle est lisible page 2 de ce document.

Partant du principe que les cyclistes seraient probablement les moins gênés par les travaux (contrairement aux usagers du bus et aux automobilistes, coincés dans les bouchons), nous demandions à l’agglomération de communiquer largement sur l’intérêt du vélo afin d’inciter les bisontins à opter pour ce mode de déplacement.

Nous n’avions pas jugé nécessaire de demander la prise en compte des cyclistes et la préservations de leurs itinéraires durant les chantiers, tellement cela était évident. Malheureusement, ce qui est évident pour les uns ne semble pas l’être pour tout le monde.

Une demande non prise en compte

Il n’y a eu aucune communication sur l’efficacité du vélo en ville et en particulier durant les périodes de chantier. Nous pouvons donc faire le constat d’une non-prise en compte de cette demande. Remarquons au passage qu’un dossier sur la mobilité, publié dans le magazine de l’agglomération, a été l’occasion ratée de le faire.

Mais si la non prise en compte de cette demande avait été notre seul problème durant les travaux, nous aurions pu nous estimer heureux… L’essentiel est ailleurs, et bien pire.

Le cycliste, cet usager inexistant

C’est ainsi qu’on peut résumer la prise en compte des deux-roues sans moteur durant les travaux.

Ayant vécu l’expérience de la fermeture du boulevard Diderot, nous pensions que les travaux ne seraient que peu gênants pour les cyclistes : la gêne dûe au chantier (revêtements caillouteux) ayant été largement compensée par l’absence temporaire des voitures.

Or, les travaux du tramway ont été organisés de façon à minimiser la gêne pour les usagers motorisés (ce qui était certes nécessaire), et à tenir compte avec plus ou moins de succès des piétons, sans se préoccuper le moins du monde des cyclistes ni des personnes en situation de handicap.

Il serait bien trop long (et inutile, a posteriori) de dresser une liste exhaustive des problèmes que nous avons rencontrés. Mais voici une sélection représentative de ce que nous avons vécu et souhaitons ne plus jamais voir.

Pont Charles de Gaulle

Conservation de deux voies pour les automobilistes, d’un seul trottoir pour les piétons (impliquant des traversées difficiles)…

… et les cyclistes ? Sympa la montée avec les voitures aux fesses…

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Durée du problème : plus d’un an.

La Malcombe

Même blague que sur le pont Charles de Gaulle, mais en pire.

Sur le pont, on pouvait à la rigueur avaler une couleuvre admettre qu’il était trop compliqué de réduire les chantiers de 70cm de large pour dégager 1m40 pour une bande cyclable.

Mais à la Malcombe, point de justification technique. Mme Weinman a simplement déclaré sans honte, en réunion publique à Planoise, qu’on allait « un peu chahuter » les cyclistes.

Un « chahut » consistant à transformer nos pistes cyclables, normalement peu impactées par le chantier, en voies de circulation provisoires pour les automobilistes ! Voies trop étroites pour leur permettre de nous dépasser en toute sécurité, cela va sans dire.

Elle a eu de la chance, et les cyclistes encore plus, que cela ne se soit pas soldé par un accident grave. Peut-être tout simplement parce que les cyclistes avaient cessé de passer par là (au prix d’importants détours)… ou cessé le vélo.

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(Photos prises après la destruction de la piste cyclable, mais avant la mise en place d’une configuration véritablement anti-vélo.)

Durée du problème : plus d’un an.

Rue du Polygone, et un peu partout

Les travaux ont entraîné un certain nombre de changements de sens de circulation, dont certains favorables aux cyclistes (mise à double-sens de certains axes) et d’autres pas du tout (mises à sens unique).

Pourtant, dans la quasi-totalité des cas de mise en sens unique, il était possible de conserver un double-sens cyclable grâce à un simple panonceau M9V2.

Exemple ici avec la rue du Polygône, où l’on a non seulement oublié le panonceau mais également mis un mur en plastique empêchant physiquement le passage.

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Plusieurs fois, des cyclistes ont dû pousser les plots, remis ensuite à leur place gênante.

Plus tard, des plots identiques mais en béton ont été positionnés, obligeant les cyclistes à prendre le trottoir alors qu’une bande toute neuve existait !

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Parmi les mises à sens unique sans double-sens cyclable, on retiendra également le pont de la République (avant une coupure totale), les rues Tristan Bernard et Schweitzer, le pont Charles de Gaulle…

Durée du problème : plusieurs mois dans la plupart des cas (4 pour la rue du Polygone).

Gare Viotte

Nous n’avons pas de photos, mais la circulation devant la gare Viotte a été rendue illégale et extrêmement dangereuse dans le sens ouest – est durant plusieurs mois. La seule solution était de circuler à contresens sur une chaussée à fort trafic et défoncée. Une adhérente quelque peu désespérée de cette situation nous a envoyé plusieurs messages à ce sujet.

Durée du problème : plusieurs mois.

Accès à la Zone des Marnières

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(Photo : BVV)

Les travaux du tramway ont entraîné la destruction pure et simple, il y a environ un an, de la piste cyclable de qualité qui avait réalisée peu de temps avant entre la rue de Belfort et la zone commerciale des Marnières.

Aucune déviation n’existait car la piste de l’autre côté n’était toujours pas terminée (et la partie qui l’était n’a rien d’une piste cyclable : elle pourrait figurer dans un bêtisier).

On appréciera l’humour de la rédaction du BVV, indiquant dans le numéro de juin 2013 (page 25) que ces travaux ne génèreraient «aucune gêne à la circulation » (sic).

Durée du problème : environ un an.

Avenue Louise Michel

On ne se contente plus de poser les panneaux de chantiers sur les bandes cyclables… Maintenant, on les fixe !

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Durée du problème : quelques jours, grâce à l’intervention d’un cycliste.

Et un peu partout…

Des itinéraires de déviation pour piétons franchissant de nombreux obstacles, les rendant inutilisables par les cyclistes comme par les usagers à mobilité réduite.

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Durée du problème : toute la durée des travaux.

Le cycliste, vraiment inexistant ?

Comme on a pu le constater, l’ensemble du chantier a été mené comme si les cyclistes n’existaient absolument pas.


Photo : Grandbesancon.info

L’ensemble ? Pas tout à fait. On s’est bien souvenus de notre existence pour nous interdire de faire du vélo sur des infrastructures mal dimensionnées pour cohabiter avec les piétons, comme la passerelle qui a remplacé provisoirement le pont Battant.

Durée du problème : plus d’un an.

Conclusion

Nous indiquions dans l’article précédent que la concertation avait été très bonne, et c’est vrai. Mais la prise en compte des cyclistes durant la période de chantier a été tout simplement catastrophique et a très fortement gâché ce dialogue que nous étions contents d’avoir pu nouer avec des interlocuteurs qui semblaient à notre écoute.

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