Municipales 2026 : réponses des candidats au questionnaire de l’AVB

Besançon, le 11 mars 2026

Nous sommes dans la dernière ligne droite avant les élections municipales : c’est un moment politique important pour l’avenir des communes de l’agglomération bisontine, et de Besançon en particulier, qui ne pouvait pas, à l’AVB, nous laisser indifférents.

Pour cette raison, l’AVB a envoyé, au début de la semaine dernière, un questionnaire aux 6 candidats et candidates, afin de recueillir leur position et leur engagement en matière de mobilités douces, et plus particulièrement de politique cyclable à Besançon.

Ce questionnaire abordait les principaux leviers d’action d’une mandature : infrastructures, sécurité routière et cohabitation des usages, stationnement, services, intermodalité, gouvernance, actions éducatives et objectifs de part modale.

Nous avons sollicité un retour de leur part pour le lundi 9 mars en fin de journée.

Seules 3 réponses nous sont parvenues en temps voulu. Il s’agit de celles de :

  • Nicole FRIESS, candidate Lutte Ouvrière pour la liste « Lutte ouvrière – Le camp des travailleurs »,
  • Séverine VEZIES, candidate de la liste « Faire mieux pour Besançon »,
  • Anne VIGNOT, maire sortante, candidate pour la liste « Besançon, vivante, juste et humaine ».

Nous remercions ces trois candidates à une élection locale majeure, pour le temps accordé pour répondre à ce questionnaire et pour la précision de leurs réponses.

Leur contribution participe ainsi à un débat public plus lisible et à une meilleure compréhension des choix proposés aux Bisontines et Bisontins en matière de mobilités.

Voici nos conclusions et pour vous permettre ensuite de vous faire votre propre opinion, nous joignons les réponses transmises par ces candidates à chacune des questions posées, classées par chapitre.

Nous vous souhaitons une bonne lecture.

CE QUE NOUS RETENONS :

Nicole Friess, Séverine Véziès et Anne Vignot, les 3 femmes de ce 1er tour du scrutin, ont le mérite de nous avoir répondu : c’est une marque de respect et d’attention pour notre association et notre action menée bénévolement au quotidien en faveur du développement de la pratique cyclable.

Nous aurions aimé pouvoir comparer, analyser et jauger chaque réponse des 6 candidats-tes mais 3 d’entre eux (Eric Delabrousse, Jacqqes Ricciardetti et Ludovic Fagaut) ne nous ont pas adressé de réponses et ne se sont pas donnés la peine de s’excuser de n’avoir pu le faire.

A l’analyse des réponses apportées par Nicole Friess, Séverine Véziès et Anne Vignot, on relève une approche plutôt dogmatique chez la première et plus pragmatique chez les 2 autres candidates.

Concernant le Pont de la République, le positionnement clair en faveur du maintien de la situation actuelle, exprimé par Séverine Véziès et Anne Vignot nous satisfait.

Par contre nous avons un doute sur celui de Nicole Friess qui apparaît plus lointain, moins précis, plus confus.

Concernant la structuration du réseau cyclable :

Anne Vignot s’appuie sur un bilan plutôt favorable de son mandat, même si il reste à faire.

Cette candidate se positionne dans une dynamique réaliste et ambitieuse en faveur des mobilités actives et des transports en commun, en prônant également le partage de l’espace et des usages.

Séverine Véziès apporte une vision globale et pertinente, s’appuyant sur une réelle expertise d’usage et proposant des solutions cohérentes et réfléchies.

Offre de stationnement gratuit en ville, aspirateur à voitures :

La politique du stationnement des voitures dans l’espace public se révèle encore trop favorable et manque de déterminisme pour le faire évoluer et réduire sa place pour en libérer à l’usage du vélo.

Les 3 candidates s’orientent résolument vers le développement des transports en commun et l’amélioration du réseau cyclable afin de réduire la part modale de la voiture.

A noter que Séverine Véziès imagine à terme les parkings de voitures comme du foncier disponible pouvant évoluer vers de l’habitat : c’est une idée force, qui permettra de lutter contre l’étalement urbain et préserver les terres agricoles.

Budget vélo :

Il y a peu d’espoir à attendre du côté de l’enveloppe budgétaire, consacrée à la politique cyclable et à la réalisation du schéma cyclable directeur, et qui, maintenue en l’état, risque fort de prendre encore plus d’une 20taine d’années pour être achevé.

Les perspectives d’augmentation du budget vélo avancées par Séverine Véziès et Anne Vignot pourraient hélas se heurter à la problématique des finances publiques, dont les dotations de l’Etat aux collectivités territoriales sont en baisse constante.

Travail participatif avec les associations vélo :

Enfin sur la méthode de travail entre associations, services et élus-es, il y a une marge de progression, perceptible dans les réponses, mais qui devra se traduire dans les faits.

Les candidates Séverine Véziès et Anne Vignot avancent le principe de co-construction des projets, ce que nous souhaitons depuis de nombreuses années. Oui à une réelle concertation et une montée en gamme dans les aménagements.

LES REPONSES DES CANDIDATES A NOTRE QUESTIONNAIRE :

LES INFRASTRUCTURES CYCLABLES :

Sur le bilan du mandat écoulé, sur les pistes d’amélioration et sur le maintien actuel de la circulation sur le Pont de la République :

  • Nicole Friess indique vouloir consulter la population mieux à même d’évaluer ces données (y compris pour le Pont de la République).
  • Concernant le réseau cyclable, Séverine Véziès veut le développer beaucoup plus encore en poursuivant le principe d’un réseau express vélo sur l’agglomération, et la réalisation de voies cyclables à chaussée séparée sur les boulevards et sur les « grandes pénétrantes ». Elle compte s’appuyer sur le baromètre vélo de la FUB pour améliorer les points noirs, en considérant prioritaire l’aménagement de la rue de Belfort et de la place Leclerc. Le Pont de la République est un acquis à conserver.
  • Anne Vignot s’appuie sur un bilan de mandat nettement favorable à la pratique cyclable : budget multiplié par 3, structuration d’un réseau cyclable sur des secteurs stratégiques dans Besançon en maillage avec les communes du territoire, développement de box sécurisés pour le stationnement des vélos. Mme Vignot reconnaît des discontinuités et la présence de points noirs, et se montre déterminée pour identifier, prioriser les interventions en concertation avec les associations d’usagers. Elle maintiendra le Pont de la République réservé aux vélos, tram et piétons.

Quel est votre objectif en termes de kilomètres de pistes cyclables sécurisées à développer sur la mandature ?

  • Pour Nicole Friess, les objectifs doivent être qualitatifs, pas quantitatifs.
  • Pour Séverine Véziès, le budget d’aménagement de pistes cyclable devrait être doublé, afin d’accélérer la mise en œuvre d’un plan vélo prenant en compte les recommandations de l’AVB dans le plan vélo 2020. La question pour nous n’est pas tant la quantité en kilomètres des aménagements, mais leur cohérence et leur bonne coordination avec les autres modes de déplacement.
  • Pour Anne Vignot, c’est plus un objectif de moyens, difficilement traduisible en termes de Km : il s’agit de travailler sur la continuité des circuits, la poursuite des pénétrantes (Dole, Vesoul, Belfort) et l’amélioration des points noirs comme certains carrefours (Helvétie, Polygone…). Le vélo au quotidien nécessite de reconfigurer les voies existantes, qui desservent les lieux stratégiques et points de centralité, et correspondent à la réalité des usages et itinéraires.

Sur la méthode à insuffler pour le travail avec les associations d’usagers :

  • Nicole Friess prône une démocratie ouvrière, par en-bas, avec des discussions permanentes en assemblées générales de quartier, suivies de prises de décisions et d’application les plus collectives possibles.
  • Séverine Véziès veut dans ce domaine, comme dans tous les autres, mettre en place une co-construction des projets avec les associations concernées et les services techniques dans une approche partant des besoins et de l’intelligence collective des usagers. Son avis est qu’en dernier ressort, c’est au politique, éclairé par l’avis des usagers, de trancher pour imposer sa vision, car le développement d’un vrai réseau cyclable est un choix politique au service duquel doivent se mettre les techniciens, et non un problème seulement technique à résoudre.
  • Anne Vignot veut mettre en place une convention citoyenne des mobilités et de circulation, qui s’accompagnera durant tout le mandat de conseils citoyens dédiés, pour co-construire les réponses aux besoins de déplacements, en donnant leur juste place aux différents modes, et en les articulant mieux entre eux.

Le Plan Vélo élaboré par l’AVB en prévision des municipales de 2020 vous apparaît-il comme un document de référence pour le déploiement d’une politique cyclable ?

  • Lutte Ouvrière ne connait pas ce document, mais respecte le travail effectué.
  • La liste  »Faire mieux pour Besançon » remercie l’AVB pour ce travail remarquable et regrette qu’il n’ait pas été plus suivi d’effet lors du mandat précédent.
  • Pour la liste « Besançon, vivante, juste et humaine« , c’est un document qui a été appréhendé et source d’inspiration. Ce travail pourrait être reconduit dans le cadre de la mise en œuvre du PDM adopté depuis.

SECURITE ET COHABITATION :

Comment envisagez-vous de favoriser la cohabitation entre les différents modes de déplacement : piéton/vélo ; vélo/voiture ; vélo/bus ?

  • Nicole Friess milite pour replanifier les villes au plus près des besoins de la population.
  • Séverine Véziès veut, de façon générale, veiller à une cohabitation harmonieuse et sécurisée dans l’espace public entre les différents types de mobilités après un diagnostic des usages et de la circulation bisontine. Les comportements d’automobilistes qui entravent les autres usages ne seront pas tolérés. De même pour les cyclistes qui perturberaient les déplacements des piétons. De manière générale, son équipe sera vigilante à hiérarchiser les priorités du plus “faible” au plus “fort”. La politique de la liste doit viser à réduire la place de la voiture, mais les aménagements cyclables ne doivent pas se faire au détriment des usagers piétons. La séparation des flux doit être une priorité.
  • Anne Vignot maintien sa volonté d’apaiser la ville en donnant sa juste place à chacun des modes de déplacements. En étendant sensiblement les zones à 30km/h, la cohabitation des usages sera favorisée, là où leur séparation n’est pas possible. Dans certaines zones comme les voies vertes, le partage de l’espace est efficace et ne pose pas de problème (exemple route de Gray). Pour d’autres zones de flux plus important, il convient de prévoir des zones séparées. Pour des zones à vocation fortement piétonne, nous appellerons au respect de chacun des usagers pour un partage de l’espace apaisé. Par ailleurs, notre équipe prévoit d’établir une charte d’aménagement de l’espace public qui permettra de prendre en compte l’ensemble des usages d’un espace lors de sa requalification. Elle souhaite également réajuster le plan de circulation en concertation avec les associations d’usagers.

A Besançon, une offre de stationnement gratuite abondante à proximité du centre-ville (Battant, Isenbart, place Leclerc, Rodia) n’est-elle pas une incitation à prendre sa voiture individuelle au détriment des transports collectifs ou des modes doux ?

  • Pour Nicole Friess, la voiture est une nécessité pour beaucoup. Il faudrait replanifier la ville et ses transports, mais aussi le mode de vie. Il est trompeur de faire croire qu’il existe une solution en quelques engagements : nous ne jouons pas ce jeu là.
  • Séverine Véziès : tant que l’offre en transports publics n’est pas suffisamment adaptée aux besoins et que le réseau cyclable n’est pas assez complet, il est nécessaire d’avoir une offre de stationnement gratuite. L’offre actuelle ne doit pas être augmentée. Nous devons au contraire nous fixer comme objectif de pouvoir réaffecter à long terme les parkings à d’autres usages en réduisant le nombre de stationnement. À l’heure où l’on recherche des terrains pour bâtir de nouveaux logements, certains parkings doivent pouvoir être considérés comme des gisements fonciers à exploiter plutôt que de construire de nouveaux bâtiments sur des terrains naturels.
  • Anne Vignot : la réglementation du stationnement et la lutte contre le stationnement sauvage incitent au report modal. Si certaines zones pourraient avoir vocation à devenir payantes, il n‘en demeure pas moins que des résidents de ces quartiers, parfois classés en QPV, ont besoin de pouvoir garer leur véhicule légalement et à moindre coût. Nous ne souhaitons pas opposer les modes de déplacements des habitants et souhaitons pacifier les interactions entre les différents usagers des transports, mais nous utiliserons des leviers, comme nous l’avons fait sur Battant, avec les bornes pour inciter à changer d’habitude de déplacement.

STATIONNEMENT VELO :

Souhaitez-vous poursuivre le déploiement de stationnement vélo sécurisé (VéloPark) enclenché au cours du mandat précédent ? Envisagez-vous d’en prévoir pour les résidents en zone dense ?

  • Nicole Friess : c’est une initiative utile à maintenir, qui doit cependant être évaluée hors des critères de rentabilité pour des entreprises privées.
  • Séverine Véziès : oui, il faut développer cette offre et l’adapter au développement de l’usage des vélos cargos, et des remorques pour inciter les familles à privilégier le vélo à la voiture. C’est aussi vrai pour les arceaux à vélo qui sont actuellement insuffisamment adaptés à ces nouveaux usages. Il faut que la ville, qui a des parts dans certains bailleurs de logements sociaux, mène une politique volontariste pour transformer des emplacements de stationnement voiture dans les HLM en stationnement vélo sécurisé. Dans le parc privé, la ville peut mettre en place des mesures incitatives pour les copropriétés en sensibilisant à l’intérêt de tels travaux, pour les propriétaires ou les locataires. Notre programme prévoit un “club des syndics de copropriétés” afin de sensibiliser les syndics aux enjeux de la bifurcation écologique.
  • Anne Vignot : oui, nous souhaitons poursuivre l’installation de box sécurisés notamment à proximité des équipements publics et gares.

Le vol de vélo est un frein important à l’usage de la bicyclette. Comment comptez-vous lutter contre ?

  • Nicole Friess privilégie des objectifs de lutte contre la misère.
  • Séverine Véziès : en augmentant le nombre d’arceaux à vélo et en améliorant l’offre de stationnement sécurisé et couvert à domicile
  • Anne Vignot : sensibilisation et incitation au marquage des vélos et travail avec la police nationale. Également installation d’arceaux dans des endroits sécurisés comme dans les cours d’écoles, et développement des box.

ASSOCIATION « LES MANIVELLES » :

Cette association est aujourd’hui en difficulté du fait de la baisse des subventions.

Ce type d’association est un levier important pour développer l’usage du vélo pour le plus grand nombre. Envisagez-vous de garantir l’emploi des 2 personnels de cette association en maintenant les subventions à un niveau suffisant ?

  • Nicole Friess : oui, il faut prendre sur les milliards accumulés par les grandes entreprises et des banques pour créer et maintenir des emplois. Là aussi, c’est un objectif de lutte, de plus en plus vital car les budgets nourrissent désormais le conditionnement de la population à se « défendre » dans un contexte guerrier, qui nous conditionnent et nous habituent à la pénurie. Il faut réquisitionner les profits des entreprises de guerre et les rendre utile pour la majorité de la population.
  • Séverine Véziès : oui, nous l’envisageons en effet. Nous avons initié un dialogue en ce sens afin de connaître les besoins de cette association et nous souhaiterions que la ville, qui est partie prenante du bailleur qui loue le local des manivelles, puisse baisser le loyer, qui doit être réduit et augmenter la subvention actuelle qui, avec 1500€ sur deux ans est insuffisante. Il nous semble important que de tels ateliers puissent également se développer dans d’autres quartiers et l’expertise de cette association est précieuse en la matière. La philosophie du réemploi est au cœur de la politique écologique que nous souhaitons développer, et les manivelles s’y inscrivent parfaitement. De plus leur expertise en termes d’apprentissage de la conduite vélo pour les adultes devra être encouragée par la collectivité.
  • Anne Vignot : sur ce mandat nous avons permis le maintien des Manivelles dans leur locaux à Battant. Nous sommes conscients de l’importance et de l’utilité de cette association et nous souhaitons l’accompagner davantage, dans la mesure du possible. En effet la collectivité ne pourra malheureusement pas pallier toutes leurs difficultés, notamment la pérennité des emplois, qui est une problématique de nombreuses associations de la ville

INTERMODALITE :

Depuis la loi LOM, Grand Besançon est Autorité organisatrice des mobilités, en tant que président.e de GBM, comment faciliterez-vous la combinaison vélo + transports en commun (bus, tram et train) ?

  • Nicole Friess : en consultant les spécialistes et la population sur le sujet. En faisant du sur-mesure et en planifiant en fonction des besoins de la population et pas des profits d’une minorité ou d’ambitions politiques voire de tractations dans le dos de la population.
  • Séverine Véziès : l’intermodalité doit être encouragée en augmentant les stationnements sécurisés pour les vélos à proximité des nœuds multimodaux (Gare Viotte, Chamars, Micropolis, Chalezeule, par exemple). Le transport des vélos dans les trains ou dans les bus doit être possible, mais sans pénaliser les usagers. Nous sommes également conscients des limites de telles mesures en termes de coûts. Concernant les trains, bien que cela déborde de sa compétence, la ville de Besançon, en tant que métropole doit peser en faveur d’une amélioration de l’offre de transports de vélos en TER en cherchant une adaptation aux besoins et à la fréquentation prenant en compte les mouvements pendulaires domicile-travail, les saisons et les itinéraires touristiques.
  • Anne Vignot : avec les aménagements des Pôles d’Echange Multimodaux (PEM) sur les points stratégiques du territoire de GBM nous souhaitons permettre une meilleure fluidité de la multimodalité. Il s’agit bien de développer des voies cyclables desservant ces PEM et de les doter de box sécurisés pour laisser son vélo en toute sécurité.

GOUVERNANCE ET CONCERTATION :

Comment associerez-vous les associations cyclistes aux décisions d’aménagement ?

  • Nicole Friess : pleinement.
  • Séverine Véziès : nous œuvrons dans une optique de co-construction en partant des besoins des usagers, les associations seront consultées régulièrement lors de projets les concernant.
  • Anne Vignot : la convention citoyenne de la mobilité permettra de recueillir l’expertise des usagers. Un travail régulier et permanent des associations représentatives, telles que l’AVB, avec les services de la collectivité et les élus, au travers de réunions de travail et d’outils de collaboration, devra permettre de parvenir à des avis partagés sur le choix des tracés et le type d’aménagement prévu. Ces échanges tenus dans un climat de construction pourront aussi aboutir sur le constat d’une position divergente, la collectivité ayant à intégrer des contingences particulières.

Nommerez-vous un adjoint ou conseiller délégué spécifiquement aux mobilités douces ?

  • Nicole Friess : la population décidera des missions utiles pour elle. Il pourra y avoir plusieurs initiatives avec beaucoup de prises de responsabilités, mais pas de postes « honorifiques ».
  • Séverine Véziès : les transports relèvent de la compétence de GBM, cependant il nous semble important de ne pas séparer les mobilités douces d’un réseau d’ensemble comprenant les transports en commun et le plan de circulation automobile. Nous nommerons un conseiller qui assurera le suivi de ces aménagements au niveau de la ville de Besançon et fera le lien avec la métropole.
  • Anne Vignot : oui au sein de GBM.

Le mandat précédent a permis de passer d’un montant de 1M€ à 3M€ pour le budget vélo. Prévoyez-vous un budget dédié aux mobilités douces, sachant que L’ADEME préconise de mettre 30 € par habitant, soit environ 6M€ par an pour atteindre une part modale de 12% ?

  • Nicole Friess : nous publierons complètement le budget de manière lisible et mettre en discussion tous les choix budgétaires, pas juste les à-côté ou « ce qui reste ». 80 % du budget des mairies est contraint ! En prenant sur les bénéfices des promoteurs immobiliers, des grandes entreprises et des grandes puissances commerciales qui bénéficient des transports, nous pouvons récupérer des milliards pour améliorer toutes les mobilités.
  • Séverine Véziès : un budget doit être dédié au développement des mobilités douces, notre groupe de travail sur le programme prévoit d’augmenter progressivement, pour aller vers un doublement du budget sur le vélo, en essayant de faire des aménagements mieux pensés afin de ne pas gaspiller d’argent dans des aménagements mal conçus. L’équipe veillera donc à suivre la préconisation de l’ADEME.
  • Anne Vignot : nous poursuivrons notre engagement de consacrer davantage de budget aux modes actifs de déplacement et défendrons un accroissement de ce budget au sein de la communauté urbaine de GBM, mais nous ne pouvons pas nous engager à ce jour sur un doublement du budget actuel alors que nous l’avons déjà fait tripler au niveau de la communauté urbaine.

EDUCATION ET PROMOTION :

Quelles actions d’éducation routière proposeriez-vous dans les écoles ? avec quels acteurs ?

  • Nicole Friess : les écoles devraient éduquer à la sécurité routière et faire passer le permis gratuitement. Il faudra embaucher et former, ce que la société actuelle considère comme une lourde charge. En tant que communistes, nous considérons au contraire l’éducation comme une priorité humaine, un enrichissement.
  • Séverine Véziès veut s’appuyer sur l’existant en mobilisant les éducateurs sportifs de la ville, et souhaite renforcer l’apprentissage du vélo pour les adultes.
  • Anne Vignot : des parcours “savoir rouler à Vélo” sont proposés aux écoles, avec l’Amicale cycliste bisontine et le club de BMX. Nous allons les développer, et faire le lien avec l’éducation routière.

Le concept de Rue aux écoles se développe de plus en plus pour apaiser l’environnement des établissements scolaires. Est-ce un concept que vous souhaitez développer dans le mandat ?

  • Nicole Friess : oui, il faut sécuriser les abords des écoles. Mais aussi développer des internats et des moyens de garde. Le mode de vie des parents et la dépose des enfants en voiture devant la grille sont des pratiques néfastes, mais il faut des solutions pour eux, pas contre eux. Il faut pour cela revoir l’organisation sociale, qui détermine le mode de vie et l’urbanisme.
  • Séverine Véziès : oui, mais il ne doit pas se limiter aux écoles, et concerner également les parcs et lieux accueillant des enfants. Construire une ville à hauteur d’enfant fait partie de nos engagements programmatiques.
  • Anne Vignot : nous poursuivrons notre politique « école apaisée » en aménageant rues et parvis des écoles de façon à sécuriser l’accès à nos établissements scolaires. Certaines rues sont fermées temporairement aux heures d’entrée/sortie avec des bornes, d’autres ont vu des aménagements de sécurisation et de signalisation, une rue a été complètement fermée aux voitures. Au-delà de la sécurisation et de la limitation des voitures, l’arrivée en mode doux à l’école doit être agréable et facilitée, les aménagements sont variables selon le contexte, les exigences techniques et de circulation.

Le développement du vélo est une politique publique transversale puisqu’elle permet de lutter contre les problèmes de santé, réduire les pollutions atmosphérique et sonores, et réduire les gaz à effet de serre. Comment comptez-vous promouvoir l’usage du vélo auprès des habitants ?

  • Nicole Friess : Les associations qui font la promotion du vélo doivent poursuivre leur travail, et garder leur indépendance vis-à-vis des pouvoirs publics, surtout en cette période de guerre et d’embrigadement. La santé, l’écologie, le bien-être étaient peut-être dans le programme des maires de Kiev en 2021 ou de Beyrouth en 2025, mais la problématique qui se pose à l’humanité aujourd’hui est de plus en plus : renverser le capitalisme ou sombrer dans la barbarie.
  • Séverine Véziès : notre vision d’une écologie populaire implique la production d’aménagements cohérents permettant de se déplacer de manière autonome, sécurisée à vélo, accessibles y compris aux personnes les plus vulnérables : (jeunes, anciens). Si les aménagements sont cohérents, lisibles, visibles, le public les utilisera. Besançon est déjà une ville où le nombre de cyclistes augmente. Nous envisageons aussi des interdictions temporaires de circulation motorisée aux voitures sur certains horaires ou certains jours de la semaine en faisant la promotion des modes doux. Un de nos engagements est de réduire le travail le dimanche, et cela s’articule bien avec, par exemple l’idée d’un centre-ville exempt de toute circulation automobile qui ne serait pas strictement nécessaire le dimanche après-midi.
  • Anne Vignot : Le principal levier du report modal et de l’incitation à la pratique du vélo pour ses déplacements est la sécurisation et la facilitation de la circulation par ce mode. Il s’agit donc de permettre des continuités cyclables bien identifiées, de limiter les zones dangereuses, de développer les facilités pour parquer son vélo en toute sécurité. Cet effort sur les investissements doit se compléter par de la communication et la mise en place de dispositifs, notamment pour les plus jeunes à l’école, mais aussi le soutien aux associations de promotions du vélo, comme par exemple des stages de remise en selle, ou d’auto-réparation. En marge de cela, la mise à disposition de vélos en libre-service, ou de longue durée avec Ginko doit être poursuivie avec notamment de nouvelles stations et une augmentation de la flotte.

VISION GLOBALE :

Quelle part modale souhaitez-vous atteindre pour le vélo à la fin de votre mandat ?

  • Nicole Friess : nous ne voulons pas jouer aux gestionnaires d’un budget, nous voulons en changer les règles, nous donner les moyens de tout faire pour les intérêts de la majorité de la population, à commencer par les plus démunis.
  • Séverine Véziès : notre ambition est de réduire la part modale de la voiture. Nous n’avons pas défini d’objectifs pour le vélo, mais viser les préconisations du PDM (12% d’ici 2030) d’ici la fin du mandat semble ambitieux et nous ferons notre possible pour nous en approcher.
  • Anne Vignot : Le PDM adopté par GBM en juin 2025 est ambitieux en termes de part modale du vélo avec un objectif de 12 % à l’horizon 2035. Nous souhaitons qu’au terme de ce mandat 2033, nous puissions approcher de cet objectif avec environ 10% de la part modale pour le vélo. Le Schéma cyclable est un outil opérationnel du PDM qui doit nous permettre d’atteindre un objectif ambitieux de part modal grâce à sa mise en œuvre.

Comment articulez-vous politique vélo et lutte contre le changement climatique ?

  • « Lutte Ouvrière » : Nous favorisons tout ce qui fait prendre conscience que pour vivre sainement et sereinement, il faut supprimer la loi du profit, la propriété sur les moyens de production, l’économie de marché et les frontières – bref le système capitaliste. Pour que l’humanité vive en pleine conscience de ses capacités physiques et intellectuelles, il faut d’urgence faire sauter le carcan du capitalisme parvenu à son stade impérialiste. Pour sauver la planète et les êtres humains, il faut une politique d’union par-delà les frontières de ceux qui créent le capital, les travailleuses et les travailleurs. S’ils prenaient le pouvoir, ils dirigeraient la société mille fois mieux que les capitalistes et les notables actuels. N’ayant aucun intérêt à maintenir la société dans l’assujetissement à la loi du profit, ils pourront aller au bout d’une transformation révolutionnaire de l’organisation économique, sociale et politique. C’est le seul moyen de rendre rationnelle la société, sur la base de la coopération, la planification des ressources à l’échelle mondiale et dans le respect des équilibres.
  •  »Faire mieux pour Besançon » : Notre approche est celle de l’écologie populaire. Le vélo en est le meilleur représentant. À l’heure où les politiques de transition énergétique tendent à forcer les classes populaires à se séparer de vieux modèles de voitures polluantes, le vélo doit être une alternative peu coûteuse et efficace. Au lieu que les bisontins ne se reportent sur des voitures, qui bien qu’hybrides ou électriques perpétuent un système de dépendance à la voiture et une occupation de l’espace trop importante. La politique en faveur de la mobilité vélo, et consistant à pouvoir se passer de la voiture, réduit évidemment le réchauffement climatique grâce à une moindre diffusion de gaz à effet de serre par km parcouru, mais aussi par une moindre usure des infrastructures qui nécessite moins de travaux une fois en place. Le coût en carbone à la construction et à l’entretien est également réduit. De plus, la part d’espace occupée par la voiture, une fois libérée en faveur d’un mode de transport moins consommateur d’espace, facilite les politiques de désimperméabilisation des sols, de verdissement des rues, rendant la ville plus adaptée au changement climatique.
  • « Besançon, vivante, juste et humaine » : Les déplacements du quotidien ont un impact certain sur le climat avec des émissions de GES importantes selon le mode de déplacement choisi par les usagers. Besançon est engagé fortement dans la lutte contre le réchauffement climatique et le report modal de déplacement motorisé vers les déplacements plus sobres, comme les transports en commun ou les modes actifs de déplacement contribue à cet effort indispensable. La politique vélo fait donc partie intégrante d’une politique globale sur le climat.

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