Auteur/autrice : AVB

  • Les résultats du Baromètre vélo sont sortis: comment s’en sort Besançon

    En septembre, le dernier palmarès du baromètre vélo est sorti. Après une période d’enquête entre mars et juin, les enseignements ont été publiés sur le site https://www.barometre-velo.fr/2025/. Sur les 2640 communes de France qui ont eu assez de témoignages pour être analysées, comment s’en sort Besançon ? Enfer des cyclistes ou paradis de la petite reine ?

    Créé en 2017, le Baromètre vélo est organisé par la FUB, la Fédération des usagères et usagers de la bicyclette. Il est aujourd’hui le plus grand outil citoyen pour évaluer la place du vélo dans la ville. Il recueille la parole des cyclistes, mais également de celles et ceux qui ont à cœur de donner leur avis sur la politique cyclable. Le dernier palmarès du baromètre remonte à 2021, ce qui permet de mesurer l’évolution de la perception des habitants sur l’usage du vélo.

    Premier enseignement : Besançon (avec une note globale de 3,67) rentre dans le Top10 du classement des Grandes Villes ! Il s’agit des villes de plus de 100 000 habitants, juste derrière Caen (3,7) et Bordeaux (3,72). La note globale s’améliore nettement à hauteur de +16% (similaire au +15% de Lyon, par exemple), alors que l’évolution ressentie atteint +41% (comme on le voit sur le graphique ci-dessous).

    Cette note positive est toutefois à pondérer par la faible participation à l’échelle de la ville : en 2021, 880 contributions étaient enregistrées, contre seulement 657 en 2025.

    2021:

    2025:

    Tous les items ont progressé, que ce soit le ressenti global, la sécurité, le confort, les efforts de la ville ou les services. C’est une excellente nouvelle pour notre ville et qui explique peut-être la recrudescence d’usagers du vélo que l’on peut ressentir.

    L’analyse plus poussée des résultats permet également de mettre en avant les points qui restent à travailler. Quand on examine en détail les items « Ressenti global », « Sécurité », « Confort » et « Effort de la Ville », certaines questions sont notées E voire F.

    Le stationnement des véhicules motorisés sur les pistes cyclables reste une difficulté:

    Avec un sentiment d’une prépondérance forte du trafic motorisé.

    La sécurité des aménagements, avec un retard pour l’accessibilité aux plus fragiles:

    Les grands axes restent une difficulté pour circuler à vélo en sécurité

    Les carrefours sont toujours difficiles à emprunter en vélo

    Les déviations cyclables en cas de travaux de voirie:

    Les grandes pistes d’amélioration mises en lumière par les résultats de ce baromètre sont portées par l’Association Vélo de Besançon depuis plusieurs années auprès de GBM, qui a la compétence pour les aménagements cyclables, même au sein de la ville de Besançon:

    • Concevoir des aménagements de qualité, fluides et continus pour permettre aux enfants, aux personnes âgées et à ceux qui découvrent le vélo de circuler en sécurité,
    • Travailler à l’amélioration des aménagements, en particulier sur les grands axes et les carrefours, les intersections et ronds-points (ces endroits accidentogènes font partie de ce qui rebute encore un grand nombre de personnes à utiliser la petite reine au quotidien).
    • Séparer les aménagements cyclables des autres usagers de la route (y compris des cyclistes des piétons),
    • Intégrer des déviations pour les cyclistes (et les piétons!) lors des travaux en ville, ce qui est encore très marginal à Besançon,
    • Renforcer les contrôles des stationnements sur les aménagements cyclables (tout en développant des infrastructures qui empêchent ce stationnement!),
    • Généraliser la réduction réelle de la vitesse des véhicules motorisés.

    En résumé, les enseignements du dernier baromètre vélo pour Besançon et son agglomération montrent une progression de l’intérêt cyclable et une amélioration du climat cyclable. Besançon monte ainsi en position « C – plutôt favorable ». Toutefois, Besançon et son agglomération doivent continuer à améliorer la qualité de ses aménagements pour renforcer davantage la sécurité des usagers les plus vulnérables.

  • Lettre d’informations décembre 2024

    Lettre d’informations décembre 2024

    Edito

    Une année de plus dans la besace pour notre association qui vous souhaite de merveilleuses fêtes pour une année qui fût pleine d’évènements. On ne vous retiens pas trop, on aura amplement l’occasion d’en reparler à l’Assemblée Générale 2025. Pour l’instant il reste des cadeaux à emballer !

    Et si vous devez sortir n’oubliez pas votre équipement de visibilité (rappel ici) ! Plus qu’une semaine à tenir avant que les journées ne se rallongent enfin.

    Rencontres

    Hommes au volant, mort au tournant

    Au programme du podcast Les couilles sur la table, Tal Madesta reçoit Marie-Axelle Granié, directrice de Recherches à l’Université Gustave-Eiffel pour parler voiture et virilité.

    Libre comme l’air

    Le vélo comme outil d’émancipation, porté par le numérique. C’est l’expérience d’Agnez, membre d’une association de promotion des logiciels libres en Belgique. Elle partage les outils numériques gratuits et libres qu’elle utilise au quotidien, dont OpenStreetMap.

    Info’ Vélo

    Décret n° 2024-1074

    Vous l’avez forcément vu passer si vous nous suivez sur les réseaux ; un décret a été voté au 27 novembre, modifiant quelques règles du Code de la Route, notamment en ce qui concerne l’éclairage à vélo.

    Analyse de cyclabilité au Danemark

    Dans son article en pré-publication, la doctorante Ane Rahbek Vierø fait l’analyse des aménagements cyclables du réseau routier… du Danemark ! Rien que ça. Parmi les conclusions, un manque de connectivité dans les zones rurales entre les pôles urbains.

    Piste cyclable du chemin Sainte-Foy (Québec)

    Ça parle cyclable outre Atlantique. Depuis sa création il y a de ça un an, beaucoup d’encre à coulé pour cet axe commerçant majeur, inscrit dans les corridors VivaCité. Si les commerçant ont vu leurs bénéfices augmenter, c’est avant tout un apaisement de la circulation qui est observé avec une évaporation du trafic automobile au profit du vélo et de la marche.

    Cycl’astuces

    Cycl'astuce 7 : Action… Réflexion Les cyclistes ne sont pas assez visibles ? C'est que vous n'avez pas encore croisé Adrien… Son truc à lui ? Les matériaux rétroréflechissants. De la tête au pieds, en passant par le vélo, tout brille de mille feux pour qui en a ras le bol de l'éternel « Je ne vous avais pas vu » qu'il continue encore d'entendre malgré tout… Montage photo d'une même situation avec et sans lumière ambiante, prise avec un appareil avec flash. Une paire de chaussures noires à lacets blancs est à côté de trois rouleaux de ruban adhésif blanc, orange, et rouge. Les lacets et les rouleaux sont visibles en faible luminosité.

  • Rapport d’activité 2023 et perspectives 2024

    Aménagements cyclables

    Aménagements terminés en 2023

    À partir de 2023, GBM a décidé d’associer d’autres collectifs du périmètre métropolitain aux rencontres régulières avec l’AVB : A fond la Transition, Beure Respire, l’Avenir à Vélo, etc. Ces réunions se tiennent tous les 2 mois pour une présentation par les services des projets d’aménagement.

    Besançon

    • Rue de la Grette
    • – Rue Gambetta
    • – Reprise de l’aménagement autour de la place Lattre de Tassigny

    Grand Besançon :

    • Liaison Dannemarie-sur-Crête – Pouilley-Français
    • Liaison La Belle Etoile – Chateaufarine
    • Liaison Vorges-les-Pins – Busy
    • Belle Etoile vers Grandfontaine
    • Liaison Beure – EuroVéloroute 6 (traversée de la RD 683)

    En cours :

    • – Etude département – Beure – Larnod – Arguel – Pugey
    • – Etude département – Liaison Besançon – Premier plateau (Saône)

    Six premiers mois de 2024 et perspectives : 

    • Route d’Epinal (liaison avec Ecole-Valentin)
    • Rue de Trépillot – Rue Ampère
    • Liaison partielle Pirey – Tilleroyes

    Au niveau des perspectives sur les aménagements nous avons été informés des aménagements suivants :

    • Rue René Char
    • Route de Gray
    • Rue de la Cassotte
    • Rue de Dole (sur la 1ère partie)
    • Rue de Vesoul
    • Rue Proudhon – République

    Il ressort principalement de notre travail sur les aménagements, réalisés ou en réalisation, des manquements dans les traversées d’intersections (ronds-points et carrefours) entraînant une perte de sécurité pour les cyclistes. Ce problème est amplifié par la réalisation de pistes bidirectionnelles dont le problème majeur est justement la gestion des intersections.

    Globalement, on peut constater que GBM ne prend pas toujours soin des détails.

    Il y a des difficultés dans les aménagements réalisés par GBM dans la cohérence des aménagements. Il manque une certaine gouvernance cyclable interne à la métropole pour assumer un cadre cohérent et identique.

    L’AVB demande à GBM la création d’au moins un poste (supplémentaire) de référent cyclable.

    Les avis de l’AVB ne sont pas intégrés aux aménagements sans savoir les raisons qui sont invoqués.

    Schéma cyclable GBM

    Le schéma cyclable de GBM sur lequel nous avions réalisé quelques rencontres avec les élus et les services dans le passé a été réalisé.

    Ce schéma qui doit être la base des choix futurs dans la réalisation des aménagements a permis de mettre en évidence les axes prioritaires qui seront aménagés à l’avenir avec des itinéraires précis. Lorsqu’un itinéraire est débuté, l’intention de GBM est de le réaliser dans son intégralité (sur plusieurs années). Nous avions estimé pour réaliser les aménagements prévus par le schéma, qu’il faudrait plus de 15 ans. Ainsi certains secteurs ne peuvent pas espérer d’amélioration avant une dizaine d’années…

    Le schéma cyclable est prévu à une échéance de 40 ans, mais avec l’intervention de l’AVB, GBM a intégré une visibilité à 3 à 5 ans.

    L’ADEME préconise d’investir 30 €/hab pour l’entretien d’un niveau de cyclabilité suffisant. Aujourd’hui, GBM investit à hauteur de 15 €/hab, alors qu’il y a un retard notable dans la réalisation des aménagements.

    En comparaison, il faudrait attendre 50 ans pour atteindre le montant prévisionnel de l’investissement de la RN57 pour la liaison Boulevard-Beure (150M€).

    Six premiers mois de 2024 et perspectives : 

    Le plan de jalonnement cyclable (les prévisions de signalétique) nous a été présenté, la mise en place devrait intervenir fin 2023, début 2024 et durer 3 ans.

    Concernant le stationnement vélo sécurisé, une enquête a eu lieu sur les emplacements qui seront réalisés le plus rapidement. Les premiers box devraient être installés fin 2024 et les installations devraient se faire progressivement sur plusieurs années.

    L’accessibilité de l’espace public à tous

    Piétonisation du quartier Battant

    Initialement programmée fin 2023, la piétonisation du quartier Battant a été effectuée début 2024. L’AVB se réjouit de cette décision qui va apporter beaucoup de calme et de tranquillité à ce quartier qui en tant que quartier historique avec une forte animation n’est pas adapté à supporter un trafic automobile de transit.

    Carte des raccourcis dans la ville

    Début 2023, nous avons mis en ligne une carte recensant les raccourcis et autres petits passages à vélo. La volonté était de montrer qu’il peut parfois exister des chemins permettant aux cyclistes d’éviter certains grands axes ou permettant de réduire les distances.

    Rues aux écoles

    Un travail a été fait pour sécuriser l’accès aux écoles, nous avions fait un article à ce sujet. On peut notamment citer la réalisation d’une borne amovible rue Baille qui permet aux heures de sorties et d’entrées d’école de rendre la rue inaccessible aux automobiles, rendant ainsi la rue aux écoliers en empêchant les stationnements abusifs. Sur la fin d’année 2023, des bornes escamotables ont été mises en place autour de l’école de Bregille et de l’école Jules-Ferry.

    L’objectif de la ville est d’apaiser toutes les rues aux écoles, même si pour certains cas, l’aménagement peut être compliqué.

    Évènements AVB

    Vélorution des enfants

    Le Samedi 3 juin a eu lieu la vélorution des enfants a rassemblé plus d’une centaine de participants. L’une des volontés de l’AVB est de rendre la ville accessible à tous via des aménagements adaptés aux plus vulnérables. Ce fut l’occasion de montrer que oui, les plus jeunes peuvent être actifs durant leurs déplacements !

    Un beau pique-nique très convivial à ensuite eu lieu afin de clôturer ce bel évènement !

    Vélorution des mille

    Le samedi 16 septembre, clôturant la semaine de la Mobilité, nous avons organisé la Vélorution des mille. L’objectif très clair fut presque atteint avec près de 950 participants à cet évènement. Quel bonheur de rassembler aussi large dans une ambiance festive et qui été l’occasion de montrer que les cyclistes sont nombreux à Besançon !

    Six premiers mois de 2024 et perspectives

    Un évènement en partenariat avec les associations Alternatiba, Beurre Respire, FNE et le laboratoire Théma a eu lieu en avril 2024. Il fut l’occasion au travers de l’intervention de Frédéric HERAN et de Benoit RAUCH d’aborder le non-sens de la réalisation du « contournement » (en pleine ville) de Besançon sur la RN57.

    Nous avons présenté les arguments dans cet article.

    L’AVB a proposé un échange convivial avec les collectifs participants aux discussions avec GBM en janvier 2024. Cet échange a permis d’établir des liens de convergence entre les différents collectifs du territoire.

    Participation de l’AVB sur une opération de sensibilisation aux mobilités actives au sein de l’hôpital.

    Une vélorution a également été organisée autour de la Rue de Vesoul lors du mois mai pour demander la mise en place d’un aménagement cyclable.

    Pour le deuxième semestre, différents évènements sont en réflexion : soirée cinéma à l’automne, vélorution de rentrée, etc.

    Procédure en justice

    Action contre le stationnement sauvage à Besançon

    La décision du tribunal administratif a été rendue en février 2022 dans le cadre du recours en justice pour carence fautive sur les stationnements sauvages dans la ville entamé en juin 2020. Malheureusement celui-ci ne va pas dans le sens de l’AVB et de Trottoirs Libres (qui agit conjointement avec nous). Le tribunal estime en effet que des efforts ont été mis en place par la nouvelle municipalité pour mettre fin à ces nuissances. Un recours en appel a été fait par les deux associations. Le recours est toujours en cours.

    Action contre l’arrêté d’utilité publique de l’élargissement de la RN57

    Nous soutenons les associations partenaires la FNE et Beure Respire dans le recours précité. Nous ne sommes pas intervenus directement afin d’éviter d’être débouté par le tribunal pour des raisons de forme.

    AF3V

    Notre participation à l’association française pour le développement des véloroutes et des voies vertes (AF3V) nous a conduit à plusieurs actions :

    • Participation à des réunions de travail avec le département sur la liaison Emagny – Rougemont
      • Le repérage d’itinéraires cyclables dans le Doubs et la Haute-Saône et ailleurs ;
    • La visite d’aménagements cyclables réalisés afin d’augmenter nos connaissances

    Collectif Vélo Bourgogne – Franche-Comté

    Créé en 2023, le collectif vélo Bourgogne Franche-Comté a pour objectif de développer l’usage du vélo en tant que moyen de déplacement à part entière, pour les usages utilitaires, quotidiens et de loisirs sur le territoire de la région. Il réunit près de 20 associations et permet d’être reconnu comme un interlocuteur privilégié auprès des acteurs
    de la mobilité sur le territoire Bourgogne Franche-Comté.

    Il a permis la rencontre avec des élus régionaux et des échanges sur une charte des aménagements et sur les parkings vélos sécurisés dans les gares.

    À ce jour ce collectif doit encore évoluer, ainsi se pose la question de le transformer en association et d’accepter les associations non affiliés à la FUB.

    Vie associative

    Lors de la dernière AG du 10 juin 2024, Thomas Henry a quitté le CA et Dorian Mérat a été élu, il rejoint donc dans le conseil d’administration Estelle Colin, Aline Vieille, André Racine, Antoine Sion, Romain Pannetier, Fabrice Guyon et Anthony Leconte.

  • Rue de Vesoul : courrier au Conseil Départemental

    Deux mois après l’effondrement rue de Vesoul nous avons appris, non sans surprise, l’objectif de rétablissement à l’identique de la chaussée par de Conseil Départemental du Doubs qui en est gestionnaire.

    Cette déclaration est en opposition directe à la loi LOM de 2019 ; les objectifs que se sont fixés le Département tant en matière de politique cyclable, de transition écologique, d’accompagnement des comportements à proximité du collège Camus ; et la dernière version du schéma cyclable du Grand Besançon Métropole approuvée fin 2023 que le Département s’est pourtant engagé à accompagner.

    Aussi, nous avons pris l’initiative d’adresser une lettre à destination de Mme Bouquin.

  • Conférence : Pourquoi l’automobile pose problème ? (F.Héran)

    Ce mardi 2 avril 2024 le laboratoire de géographie ThéMA a organisé, en collaboration avec des associations faisant partie du collectif RN+5,7°, une conférence animée par Frédéric Héran sur la question de la mobilité de demain dans le Grand Besançon. F.Héran est un urbaniste et économiste des transports intervenant fréquemment dans les médias nationaux pour parler de transition dans la mobilité. Environ 110 personnes ont assisté à la conférence dont plusieurs élues de Besançon et du Grand Besançon Métropole.

    Photo de la conférence où F.Héran présente un diaporama.

    Le fil directeur tenu par le conférencier est explicite : pourquoi la voiture pose problème ? Cette question a été mis en écho notamment à la question du doublement de la RN 57 entre Beure et Amitié, projet que l’AVB et autres associations du collectif RN+5,7° contestent en justice. Voir nos billets en opposition à ce sujet depuis 2019.

    F.Héran a également mis en lumière les nombreux problèmes que pose la voiture en insistant particulièrement sur l’empreinte matière de l’automobile, insoutenable dans un avenir proche.

    La voiture : 96 % du temps immoblie, 92 % de masse morte, 97 % de masse immobilisée (30 t de matière pour le déplacement de 110 kg).

    A aussi été fait la démonstration de cette fuite en avant que constitue l’idée des aménagements pour « gagner du temps » ; Alors qu’en 40 ans nous mettons en moyenne exactement le même temps à nous déplacer (1 h environ), les distances ont quant à elles été multipliées par 10.

    Une autre partie a porté sur le concept de trafic induit dont il a minutieusement détaillé le mécanisme. Cette notion se résume très simplement de la manière suivante : plus le trafic est fluide, plus il y aura de trafic… Jusqu’à atteindre la saturation décrite par Jevon. Autrement dit l’élargissement des routes, évoqué comme solution pour fluidifier le trafic, est une fausse solution. Elle n’est que temporaire. Rapidement, le trafic augmente et les niveaux de congestion redeviennent semblables au bout de quelques années. Ce concept est illustré par d’innombrables cas à travers la planète notamment aux États-Unis où le phénomène est observé sur des sections à plus de 20 voies ! Mais qui sait, peut-être la situation s’améliorerait à la 21e ? Le trafic induit est malheureusement trop peu pris en compte par les études préalables aux aménagements : il n’apparait notamment pas dans l’étude concernant le doublement de la RN57, comme l’avait signalé l’autorité environnementale dans son compte rendu.

    À l’image des étapes du deuil, F.Héran décrit 5 étapes suivant la création d’une route :

    1. Le report temporel. La capacité plus importante concentre à nouveau le pic de trafic à l’heure de pointe ;
    2. Le report spatial. Les axes parallèles sont délaissés car relativement plus encombrés ;
    3. Le report modal. Comparativement moins rapides, les personnes utilisant d’autres moyens de transports se reportent sur l’automobile ;
    4. L’augmentation de la fréquence des déplacements. L’offre plus importante crée une demande plus importante, on facilite le déjeuner chez soi, le crochet vers la zone commerciale, la visite des proches…
    5. Le changement d’itinéraires. Le temps de trajet supplémentaire offert est utilisé pour se déplacer plus loin, ce qui ne manque pas d’alimenter l’étalement urbain et ultimement l’artificialisation des sols.

    Des solutions existent pour réduire la place de la voiture en ville, des vraies comme des moins vraies. Hélas pour les automobilistes, les solutions qui marchent sont évidemment celles qui limitent la circulation automobile, qui « rendent la voiture moins efficace ». Parmi les mesures inefficaces mais populaires en voici quelques unes, vous en reconnaitrez certainement tant elles occupent les responsables politiques cherchant à tout prix à ne pas froisser les automobilistes :

    1. Les parcs relais, favorisant l’étalement urbain et ne créant ultimement qu’un appel à l’usage de la voiture sur des axes temporairement fluidifiés ;
    2. Les vélos en libre-service, ayant un public principalement occasionnel ;
    3. Le télétravail, favorisant également l’allongement domicile-travail ;
    4. Certaines pistes cyclables, celles qui « ne prennent pas de place à la voiture », ou qui n’ont pas de traitement sécurisé des traversées ;
    5. Certaines lignes de bus à haut niveau de service, qui ne sont pas en site propre et n’ont pas de priorité aux feux.

    Sans surprise, les mesures les plus efficaces sont celles qui sont les plus sensibles, les plus impopulaires… dans un premier temps. Elles finissent par remporter l’adhésion lorsque la démonstration de tout ce qui est gagné en absence de voiture devient visible, mesurable. Parmi elles :

    1. Le péage urbain. « Double dividende » réduisant le trafic et générant une recette, potentialisée si elle finance les alternatives à la voiture ;
    2. Le stationnement payant. L’espace public a un coût de gestion, il paraît naturel que de limiter son occupation par un objet immobile pour les usages nécessaires;
    3. Les limitations de vitesse. On compte en France 200 villes à 30 km/h, seuil au-delà duquel les nuisances du trafic augmentent de manière exponentielle ;
    4. La réduction de la capacité routière via la suppression de files de circulations.
    5. La complication de la circulation. Fermer des rues au transit permet à la fois de rendre la voiture moins intéressante au profit d’autres modes de déplacement ;
    6. La limitation du stationnement ;
    7. Le développement du tramway ;
    8. Le développement de pistes cyclables (en remplacement des files de circulation) ;
    9. Les voies de bus en site propre ;
    10. Les voies de covoiturage divisant le nombre de voitures en circulation.

    Voilà un aperçu de ce que nous avons entendu hier soir. Pour avoir le diaporama de la conférence, contactez-nous. F.Héran, enseignant-chercheur, partant du principe que ce travail est « payé par nos impôts » nous autorise à diffuser ses supports, avec pour seule condition, la nécessité de le citer si on utilise son travail.

    Cette conférence a été précédée d’une conférence de presse ayant fait l’objet d’articles par l’Est Républicain, Ma Commune, et France 3.