Rue de Vesoul : enfin une bande cyclable

2017 sera l’année de naissance d’une première bande-cyclable sur la rue de Vesoul. Dans le sens montant depuis la gare Viotte au boulevard Blum, les cyclistes bisontins peuvent désormais évoluer sans trop de soucis. L’AVB l’a testé pour vous.

Comme on peut le voir sur la vidéo, le traitement du carrefour avec la rue Nicolas Bruand (le premier, en bas) est étonnant. Les cyclistes sont invité.es à faire un crochet par le passage piéton de cette rue pour poursuivre tout droit sur la rue de Vesoul ! L’intérêt de cette implantation de la bande cyclable interroge beaucoup notre équipe, car des feux tricolores régissent les règles de priorités au sein du carrefour. Il suffit aux cyclistes d’attendrent que le feu passe au vert et de continuer tout droit, sur une bande qui selon nous devrait être tracée ainsi.
Nous remarquerons quand même qu’un cédez-le-passage cycliste autorise à tourner à droite au feu rouge. Est-ce là l’intérêt ? Sans doute. Cependant, une fois rendu au droit du passage piéton il faut encore que celui-ci soit franchissable et les cyclistes devront s’assurer que personne ne viennent dans leur dos au risque de couper la circulation à l’aveuglette … L’expérience parle : ce genre de configuration est hautement inconfortable et il serait opportun de l’utiliser seulement lorsque cela est absolument la seule option.

Deuxième remarque : au niveau de la rue de Trey, la bande cyclable est interrompue. Pourquoi ? Cela suggère que les cyclistes qui montent tout droit ne sont pas prioritaires sur les autres mouvements possibles. Or il semble bien qu’ils le soient : une voiture montante qui tournerait à droite rue de Trey doit attendre que le cycle ait dégagé le carrefour, cédez-le-passage marqué au sol pour ce qui arrive de la rue de Trey et règles de priorité habituelles pour une voiture descendant et qui tourne à gauche rue de Trey. On notera qu’au droit du Chemin Français et de la rue du Tunnel, la bande cyclable ne présente pas de discontinuité. Alors pourquoi ici ?

Malgré ces petits défauts, l’aménagement d’une partie de la rue de Vesoul, est un évènement en soi, après celui d’une partie de la rue de Belfort. C’était une des demandes les plus importantes de l’association, depuis une vingtaine d’années. Les trois plus grosses pénétrantes dans Besançon (Vesoul, Belfort et Dole) en dehors du boulevard des trois présidents sont désormais aménagées, tout du moins en partie.

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Une réponse à Rue de Vesoul : enfin une bande cyclable

  1. Adrien dit :

    Bonjour,

    En tant qu’ex militant AVB en charge des questions de voirie, je voudrais tout d’abord vous féliciter et vous remercier pour cet article, car je déplorais que, depuis mon départ, les nouveaux aménagements cyclables ne fassent plus l’objet d’un reportage sur le site (ce que je tentais de faire de manière exhaustive à mon époque, avec plus ou moins de succès car ça dépendait du temps que j’avais).

    Moi je faisais des reportages photo. Vous êtes passés à la vidéo. C’est un pas de franchi dans le bon sens.

    Maintenant, pour réagir sur le fond de votre analyse :

    – J’aurais démarré le reportage depuis le bas de la rue, à partir du terminus du tramway, afin de montrer que le bas de la rue est aussi aménagé (depuis très longtemps) mais qu’il existe donc une discontinuité entre cet aménagement ancien et le nouveau. Discontinuité qui a été entérinée par les travaux de reconfiguration du carrefour lors de la réalisation du parking nord de la gare. Travaux relativement récents : quelques années seulement. C’est un gros raté. Il aurait fallu, à cette époque, dégager une emprise du côté du parking pour assurer la possibilité de créer une bande cyclable continue.

    – Au droit du carrefour avec la rue Nicolas Bruand, je n’ai pas la même analyse que vous du tracé : pour moi, il ne s’agit pas d’inciter à emprunter le passage piéton, mais simplement de relier l’aménagement avec les futures bandes cyclables de la rue Bruand. Un cycliste qui monte la rue de Vesoul est bien censé monter tout droit (à moins qu’il y ait des logos vélo tracés le long du passage piéton, mais il me semble que non). À partir du moment où il y a un carrefour à feux, il me semble que le CEREMA préconise de ne pas tracer la bande dans le carrefour (ce qui est discutable, d’ailleurs). Bon, ça serait à vérifier dans les documentations adéquates. Je n’en suis pas sûr à 100%.

    – Je suis totalement d’accord avec vous concernant la discontinuité suivante, au droit de la rue de Trey. Le tracé devrait être continu. Il n’y a pas de raison valable, à ma connaissance, de l’avoir interrompu ainsi.

    – Vous évoquez un sas vélo en arrivant sur le boulevard mais il n’y a rien de plus qu’un pictogramme vélo à cet endroit. Un sas ne serait pas d’une grande utilité tant que ce boulevard n’est pas reconfiguré d’une façon acceptable (ie. circulable à vélo, avec une voie dans chaque sens pour les voitures, et une voie bus et/ou vélo de chaque côté).

    – Pour terminer, il faudrait peut-être insister un peu plus sur le fait que l’aménagement de la rue de Vesoul, malgré ses défauts, est un véritable évènement en soi, après celui de la rue de Belfort. Ça n’est pas une rue comme une autre. C’était une des demandes les plus importantes de l’association (et aussi une des plus bloquées durant les deux précédants mandats, sans justification réelle).

    C’est à la fois très symbolique et très pratique pour les cyclistes que les trois principales pénétrantes de la ville (rues de Belfort, Vesoul et Dole) soient désormais aménagées. Besançon est réellement à deux doigts de pouvoir être qualifiée de ville cyclable : il suffirait d’arbitrer un peu moins en faveur de l’auto (rue des Jardins…), de lancer un ou deux gros projets symboliques en faveur des vélos (ex: transformer la voie auto en une piste cyclable bidirectionnelle sur le pont de la Rep), de s’occuper un peu plus de certains quartiers (Planoise…), et de mieux traiter les discontinuités… Ensuite on pourrait, très sérieusement, prétendre se placer sur le podium des villes cyclables françaises de cette taille, malgré un relief et une météo pas vraiment favorables. Bref. C’est pas le moment de s’assoir sur ses lauriers, mais plutôt le moment de se remettre très vite au boulot !

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