Rue Xavier Marmier : l’AVB attaque et gagne !

Nous vous le disions en septembre dernier : devant une énième réfection de voirie sans prise en compte des cyclistes (et donc illégale),  l’AVB avait décidé d’attaquer la ville au tribunal administratif. Nous avons gagné ! Non pas au tribunal, mais parce que la ville a pris les devants et a fait le nécessaire avant d’attendre la réponse de celui-ci. Nous avons donc retiré notre recours, et saluons cette décision raisonnable de la part de la collectivité.

20151205_162627

Récapitulatif chronologique :

  • Au printemps 2014, suite aux élections municipales, une nouvelle adjointe à la voirie et aux déplacements prend son poste. Fini l’hypocrisie de la précédente adjointe, qui ne comprenait rien au vélo et le masquait avec peine. Mme Zehaf, elle, se déplace principalement à vélo et semble sincère lorsqu’elle s’adresse à nous.
  • Un an plus tard, c’est la déception : malgré cela, et malgré également une conseillère municipale « modes doux » très sincère et très active, les choses n’avancent pas plus vite qu’avant. L’AVB envoie un courrier pour rappeler à la ville ses obligations relatives à l’article L228-2 du Code de l’Environnement (issu de la fameuse « loi sur l’air »).
  • Suite à réception de la réponse de la ville, peu convaincante, un second courrier est envoyé, plus menaçant, indiquant clairement que nous allons attaquer. Une réponse similaire arrive.
  • Durant l’été, des travaux de réfection de la couche de roulement de la rue Xavier Marmier ont lieu. Nous adressons à M. le Maire un nouveau courrier, demandant explicitement que la loi soit appliquée. Or, les travaux avancent très rapidement, et lorsque les pré-marquages au sol sont réalisés, nous pouvons constater qu’ils sont identiques aux marquages précédents : notre demande n’a pas été prise en compte.
  • L’AVB dépose donc un recours au tribunal administratif, sans attendre car les délais légaux pour attaquer sont très courts. Une attaque trop tardive ne peut aboutir à une victoire, même si l’association a raison sur le fond.
  • La réponse de la ville arrive alors que le recours est déposé : semblant (enfin, mais un peu tard) comprendre que nous sommes prêts à attaquer, la mairie nous promet la réalisation prochaine d’aménagements cyclables. Mais nous ne sommes pas dupes : la dernière fois que nous avons accepté une promesse, c’était sur le pont de Bregille, et il aura fallu plus de deux ans de manifestations, courriers et communiqués de presse, pour qu’elle soit tenue. Nous sommes bénévoles et avons autre chose à faire que de perdre notre temps.
  • À l’automne, ayant été informée de notre attaque, la ville prend la décision de réaliser les aménagements cyclables. Alors que l’enrobé et les marquages neufs viennent d’être faits, il faudra effacer ces derniers (ce qui coûte de l’argent et endommage l’enrobé), déposer des îlots centraux, et empiéter sur un espace vert pour déplacer des places de stationnement (ce qui est un choix politique : est-il pertinent de garder 11 places de stationnement sur l’espace public lorsque les riverains du secteur disposent d’un gigantesque parking privé ?). Inutile de dire que si les choses avaient été faites dans le bon ordre, et sans maintenir ce stationnement à tout prix, on aurait évité un important gaspillage d’argent public.
  • Fin novembre, ça y est : les marquages sont réalisés. Nous avons gagné ! L’association retire son recours.

Même si l’association semble quelque peu en perte de vitesse au point de vue de son organisation et de sa communication, cette victoire et celle du pont de Bregille sont parmi les trois plus importantes de ces dernières années (la troisième étant la rue Edison).

Place à quelques photos

En arrivant du giratoire de la Gibelotte, nous circulons sur les aménagements existants :

20151205_162630

Nous arrivons ensuite sur le nouvel aménagement, en continuité parfaite avec le précédent :

20151205_162641

Il existe ici une zone inconfortable pour les cyclistes, là où le stationnement a été maintenu : la bande cyclable y est décalée vers la gauche et longe le stationnement, ce qui est dangereux. Surtout si l’on tient compte de l’adresse dont font preuve les conducteurs pour se garer (comme cette Citroën qui dépasse sur la bande cyclable par pure flemme de faire un vrai créneau).

Il aurait fallu, idéalement, ne pas conserver ce stationnement, pour la sécurité des cyclistes et la bonne gestion de l’argent public… C’est le seul défaut du nouvel aménagement.

20151205_162646

20151205_162655

Ensuite, en direction de la rue Pergaud, la disparition d’îlots centraux change véritablement la vie des cyclistes. On passe d’une situation dangereuse et accidentogène à quelque chose de confortable.20151205_162703

20151205_162712

20151205_162724

20151205_162729

L’aménagement s’arrête d’un coup. En effet, nous avons attaqué sur la rue Marmier ; la ville a donc équipé la rue Marmier. Et pas un mètre de plus. On pouvait pourtant déposer le dernier îlot et poursuivre l’aménagement sur une partie de la rue Pergaud sans toucher au stationnement.

Le message est donc clair : il faut attaquer. L’AVB ne perdra plus son temps à négocier. Elle attaquera systématiquement, partout où elle le pourra, pour gagner des morceaux d’aménagement au fur et à mesure des rénovations de voirie. Comme chaque voirie finira bien par être rénovée un jour, on aboutira bien un jour à un réseau cyclable correctement maillé. Ça prendra le temps qu’il faudra, mais moins que la négociation à l’amiable que nous avions tentée jusqu’ici.

20151205_162741

Allez, ne boudons pas notre plaisir. Prenons l’aménagement dans l’autre sens : il est parfait.

20151205_162812

20151205_162826

20151205_162836

20151205_162852

20151205_162859 20151205_162909

20151205_162922

C’est juste dommage qu’il s’arrête avant le giratoire de la Gibelotte, pour dégager la place pour une double voie en entrée de giratoire (ce qui fluidifie certes le trafic, mais est accidentogène pour les automobilistes plus encore que pour les cyclistes).

Ce contenu a été publié dans Articles / Actualités, Ville de Besançon. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

6 réponses à Rue Xavier Marmier : l’AVB attaque et gagne !

  1. colin estelle dit :

    Bravo et merci !

  2. clement dit :

    Très bonne nouvelle pour les cyclistes, même si malheureusement, des voitures continuent encore régulièrement à se garer sur la piste cyclable (et même pafois sur le passage piéton) alors qu’il y a de la place sur la zone de stationnement.
    Par contre, c’est bien d’avoir gardé les places de stationnement, car habitant ici, on voit très bien le problème entre 17h30 et 18h30 ou il n’y a pas assez de places de parking, et les automobilistes sont obligés de tourner et/ou d’attendre qu’une place se libère…

    • AVB dit :

      À partir du moment où vous, riverains, avez de quoi stationner votre véhicule, il est tout à fait acceptable que les personnes de passage aient besoin de tourner un peu à la recherche d’une place. Cela fait même partie des leviers efficaces pour inciter à se déplacer autrement. Par ailleurs, il est facile de stationner dans les petites rues du secteur, si l’on est prêt à marcher un peu.

      Réaliser des places de stationnement sur l’espace public, en réponse à cette situation, c’est utiliser l’argent public pour améliorer le confort de ces automobilistes. C’est un service rendu par la ville. Ces places devraient donc au minimum être payantes, pour financer ce service.

    • AVB dit :

      Pour ce qui est du stationnement sur les bandes cyclables, c’est hélas très vrai, et y compris lorsque les places récemment déplacées sont vides ! Pure fainéantise des conducteurs concernés (qui ne sont pas des riverains).

  3. FOUCHE David dit :

    C’est une très belle victoire qui permet d’espérer une sortie progressive de cette « médiocratie » et de relever un peu la tête. Pour une fois que le pot de terre gagne on ne peut que se réjouir…

  4. Etienne dit :

    « Le message est donc clair : il faut attaquer. L’AVB ne perdra plus son temps à négocier. Elle attaquera systématiquement, partout où elle le pourra, pour gagner des morceaux d’aménagement au fur et à mesure des rénovations de voirie. Comme chaque voirie finira bien par être rénovée un jour, on aboutira bien un jour à un réseau cyclable correctement maillé. Ça prendra le temps qu’il faudra, mais moins que la négociation à l’amiable que nous avions tentée jusqu’ici. »

    Bien dit, point barre !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *